A Clockwork Orange
Ce film est exceptionnel, premièrement pour la cinématographie, la beauté des scènes et les personnages insensés. Tant qu’Alex n’est pas institutionnalisé, rien n’a de sens avec des décors très surréalistes. Chaque scène est étrange mais néanmoins géniale, la musique très forte sur de nombreuses scènes rajoute un côté fou aux agissements d’Alex. Mais plus important, ce film pose des questions très importantes que ce soit sur le recrutement de la police (ACAB) ou sur le système carcéral. La prison est ici montrée comme ultra-hiérarchisée avec aucune liberté et Stanley Kubrick laisse un gros doute sur son efficacité. Il ouvre ainsi ici une première piste de réflexion sur comment rendre des criminels aptes à agir en société. Evidemment l’expérience ici montrée est horrible, c’est basiquement de la torture mais la deuxième partie de ce film ouvre une autre question. Jusqu'à quand doit-on être puni pour nos actes passés. Alex passe deux ans avant de ressortir en société et bien qu’il semble avoir guéri, les blessures de ses victimes n’ont pas guéri. Son institutionnalisation, ses victimes s’en fichent. Ici Stanley Kubrick nous explique que la prison a aussi un rôle puisqu’elle permet de satisfaire les victimes ou les proches de victimes en retirant les droits humains des coupables. Finalement les propos du prêtre au moment de la démonstration de l’expérience s’avèrent plutôt réalistes : Alex semble se transformer en poupée incapable du moindre libre arbitre.