

Pas vu un aveugle aussi solide depuis Daredevil


Dernier opus de la non-officielle Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook, Lady Vengeance voit ici la vengeance d’un point de vue éthique et moral, face à la loi et l’autorité judiciaire, et dans une dimension collective. Dans Sympathy for Mr. Vengeance, la vengeance fait suite à une succession d’actions incontrôlées, et ne fait qu’en entraîner d’autres ; dans Oldboy, elle est aveugle et obsessionnelle. Ainsi, Lady Vengeance opère un basculement plus important, avec une focalisation plus éloignée pour passer de vengeances personnelles, à une vengeance collective. Comme d’hab, la photographie est jolie, la réal est efficace et originale, l’histoire est prenante, et les acteurs sont tops. Enfin, Park Chan-wook ne tombe pas ici dans le message moralisateur chiant type "se venger ne t’apportera rien/ne te rendra pas ceux que tu as perdu gne gne gne". C’est vrai et il le dit, mais il adoube son rôle "purifiant" qui permet finalement de tourner la page. En bref, la "trilogie de la vengeance", c’est la vengeance dans ce qu’elle a de plus humaine, sans binarité, sous toutes ses formes. Cette vengeance finit par être représentée par Geum-Ja (super bien jouée par Lee Young-Ae d’ailleurs), dont la véritable nature demeure insaisissable ("une âme d’ange" pour certains, "une sorcière" pour d’autres : tous s’accordent néanmoins à dire qu’elle change avec le temps). Surtout, chaque film conserve une identité propre. Le genre d’expérience que je recommande vivement tellement il y a de choses à traiter et à dire.

Sans déconner