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Je suis restée dans le silence pendant bien dix minutes après ce film, sans déconner.
Le cœur lourd.
Ce film est extrêmement bien réalisé. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et dès la scène du bus, dès l’annonce, j’ai senti mon cœur se serrer, et ça a continué jusqu'à la dernière minute.
En tant que prof, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à “l’individu et le groupe”. 🤠 À quel point tout peut être terni, déformé, détruit par le regard et l’influence des autres.
C’est un très beau film sur le fait de grandir : partager, rire, la simplicité, la famille, l’amitié, l’amour. Puis perdre son innocence. Se confronter aux préjugés, au jugement. S’émanciper. Avoir ses choses à soi. S’éloigner. Se perdre. Perdre quelqu’un. Et malgré tout, continuer à avancer, à grandir, dans l’amour.
Au fond, Léo devient une autre personne. Il grandit, comme tous les enfants. Mais il évolue dans un environnement plus dur, plus brut, plus codé. Il grandit, oui, mais il perd quelque chose, une forme de lumière.
Et je n’ai pas cessé de me demander s’il était encore honnête avec lui-même. S’il aimait vraiment ces nouvelles relations, ces nouveaux jeux, ces nouveaux codes. Il avance, mais regarde souvent derrière lui vers celui qui n’avance pas au même rythme. Et malgré tout, il garde un regard tourné vers l’extérieur, vers la lumière, vers ce qu’il a, involontairement laissé.
Les scènes de trajet sont d’ailleurs très marquantes : tout le monde n’avance pas à la même vitesse, ni dans la même direction. Parfois on a besoin d’être seul, parfois d’être accompagné... Parfois on va plus vite que les autres.
Le passage des saisons, cette esthétique florale… tout est très parlant. Le temps file, tout change, tout se transforme. Quelque chose se fane pour mieux renaître. Le temps agit sur tout : le deuil, les blessures, l’acceptation, le pardon aux autres comme à soi-même.
Je reste quand même d’accord avec certains avis : la première partie m’a davantage touchée dans son message.
Et je me suis posé la question : est-ce que le film cherche aussi à montrer que le deuil des autres peut éveiller les consciences ? Quand ceux qui rejetaient Rémi deviennent soudainement compréhensifs ?