Beating Hearts
Gilles Lellouche a voulu faire son Megalopolis et, contrairement à Coppola, il a réussi.
Le film atteint son objectif : nous dépeindre un amour brûlant auquel rien ne résiste, un amour qui n'a pas besoin de mot pour s'expliquer, un amour qui se vit. Au côté de nos protagonistes, on rêve, on angoisse, on rit, on pleure, bref on est emporté par leur passion et fasciné par l'évidence de leur amour.
Cependant, il y a deux éléments qui empêchent le film d'atteindre mon panthéon.
Premièrement, la tentative d’en faire fresque sociale. L'idée n'est pas mauvaise en soi, mais l'exécution est inégale. Entre la lourdeur de la grève ouvrière du père de Clotaire et la finesse du coup de pression de Jackie au manager inversant le rapport de force hiérarchique, l'écart se fait sentir.
Par ailleurs, dans sa tentative de faire LE film de sa carrière, Lellouche s’est laissé emporté par son lyrisme, pour le meilleur mais surtout pour le pire. La scène où le couple est éclairé par un projecteur après la bagarre de Clotaire et celle du coucher de soleil à la fin du film m’ont particulièrement impressionnées par leur kitch.