Dead Man
Vraiment ce film était exceptionnel.
Super super film. J'avais super envie de le voir : il y avait quelque chose qui m'attirait vers ce truc, déjà cette affiche avec Johnny Depp et son chapeau melon avec de la peinture sur la face en noir et blanc, j'étais interloqué : comment aurait-il pu tomber dans cette situation et puis la menace du flingue frappant et suffocante.
Parce que c'est ça ce film, il est frappant et suffocant. C'est long, c'est lent, c'est Jim Jarmusch. Au premier abord on trouve un scène d'intro juste géniale: un homme bien habillé est dans un train dans un wagon assez rempli. Il s'endort, fondu au noir, plan sur les rails et la machinerie de la locomotive: on a bien avancé BING riff de guitare électrique saillant et incisif, on retrouve notre homme mais s'ajoute un cow-boy dans le wagon ; et la scène est répétée 5-6 fois jusqu'à ce que le wagon soit rempli de cow-boy. En résumé Jim Jarmusch nous a fait comprendre sans 1 mot que notre homme est partis d'une ville en train et fait un long, très long voyage vers une terre où la loi de la gâchette est maîtresse.
Après l'intro on tombe sur le générique et ce Titre absolument magnétique "Dead Man": cet homme donc est déjà mort (même avant que la film ait commencé. Et en effet après plusieurs péripétie, on retrouve notre ami déçu de la société, fuyard et recherché par des mercenaires et aussi blessé d'une balle dans la poitrine.
Le thème le plus puissant de ce film c'est la mort, elle est complètement omniprésente. On pars directement du fait que ses parents sont morts et que c'est à cause de ça qu'il est là. Notre gars est donc traqué après le meurtre d'un homme par un concours de circonstance, il a donc la mort au trousse personnifiée par ces 3 mercenaires pourris, dont 1 gros psychopathe. Dans la première partie il est encore accroché à sa vie et donc a peur de prendre celle des autres mais dés lors qu'il se rend compte qu'il est déjà mort qu'il vrille et prend celle des autres sans plus de frayeur ou de remords. On trouve sur le chemin de notre protagoniste des rencontres qui laisseront derrière lui un sillage morbide. Et plus le nombre de cadavre il laisse derrière lui plus la menace des traqueurs augmente et éclate à la fin. En effet la scène finale se situe sur une grève (représentation classique de la frontière entre la vie et la mort) et son pote indien Nobody l'envoie dans un barque, a l'article de la mort vers la mer pour finalement passer dans le monde des esprits. Et la quand la barque est a flot l'Indien se retrouve face au dernier des mercenaires (il a finit par buter les 2 autres et même les manger?!) et BOUM BOUM 2 tirs 2 morts il s'entretues. Finalement toutes les personnes qu'auront croisés le chemin de notre Homme Mort sont mortes.
Le 2em grand axe du film se trouve dans le scénario et surtout les dialogues. En effet on trouve la mention presque constante du tabac: chaque homme cherche du tabac (des "trappeurs" sans dents a la Delivrance, jusqu'à notre poto indien. Je pense que la drogue est un grand thème du film: ça commence direct avec notre Cadavre Ambulant qui, pour oublier le rejet de la société qu'il a vécu, il dépense les derniers deniers qu'il possède pour une fiole d'alcool. Ce qui le mène a tuer un gars et le force à fuir. On voit aussi l'absurdité de la valeur tabac , quand les "trappeurs" sont près a vendre tout pour du tabac et l'insistance de tous le monde pour un peu de tabac, même de l'Indien qui se dit proche de la nature.
D'ailleurs on retrouve le camps d'Indien tel un bidonville de Bogota, construits de bric et de broc. On les images dépensant tout leurs sous a l'achat de tabac tel l'opium des Amérindiens. D'ailleurs notre indien préféré possède un notre très évocateur : Celui-qui-parle-fort-mais-ne-dit-rien, et en effet il raconte beaucoup de choses, il est très moralisateur avec une sorte de supériorité. Mais tous ce qu'il dit n'avance rien au final il statue juste sans rien faire avancer. Mais il permet d'avoir quand même une vision supérieur et ouvre les yeux a notre gars.
On trouve pleins de supers beau plans, c'est très graphique. La poursuite est bien soulignée avec les mêmes plans pour les fuyards et les poursuivants. La nature est très présente et elle est toujours au premiers plan montre que la mort est une fatalité naturelle et que personne n'y échappe.
Et on reste sur du Jim Jarmusch, donc comme d'hab c'est très soigné et assez mutique, les émotions passent par le regard et le corps (avec Johnny Depp on touche une super collaboration.
Bref des grosses barres ce film