Point Break
Definitely !
Dès son montage parallèle initial, Point Break installe une ambiance onirique et fiévreuse qui ne nous lâchera plus. Bigelow fait des choix de mise en scène audacieux : cadrer le surf au plus près des visages pour capter l'intensité spirituelle plutôt que l'immensité de l'océan, ou magnifier l'arrivée de Tyler par un jeu de contre-jour (même si son évolution en "demoiselle en détresse" déçoit un peu).
L'action n'est jamais gratuite. Que ce soit le raid brutal chez les néo-nazis — avec ce superbe plan du miroir — ou la poursuite effrénée, chaque séquence nourrit le dilemme de Johnny : la rigueur fédérale ou la liberté de Bodhi ? L'humour n'est pas oublié grâce au running gag d'Angelo, le tout porté par une B.O. aux synthés envoûtants.
Le film culmine dans un final mythique, du saut sans parachute au sacrifice de Bodhi face aux vagues. Une conclusion satisfaisante où Johnny rejette les institutions, prouvant que Point Break est une exploration de l'âme humaine déguisée en blockbuster d'adrénaline, et ce malgré le discours politique parfois un peu flou de Bodhi.