The Stranger
très joli film esthétiquement : dommage que ce soit la seule chose que cette adaptation réussit.
on ressent une tentative intéressante de se détacher de la simple lecture du roman et pourtant, on perd également tout ce qui fait l’étranger. les scènes ajoutées apportent une sous-trame et personnifient un personnage qui, pour la démonstration de camus, n’a d’intérêt que par sa mort et son anonymat. en bref, ce qui aurait dû être un film sur l’étranger devient une critique de l’Algérie française et de ses défauts apparents.
côté personnages, on choisit de beaux acteurs, sûrement trop beaux pour la banalité de l’étranger, et on a l’impression de faire face à un meursault seulement animé par le désir de marie. quand ce film aurait dû retranscrire la psychologie de meursault par les émotions et non les mots, il n’arrive qu’à nous le faire percevoir comme un adolescent en chaleur.
au final, le résultat est un échec cuisant de retranscription du message camusien, atteignant son apothéose par un « absurde » lâché désespérément en fin de film : un « joli » film, mais une très mauvaise adaptation de l’étranger.
je peux vous dire qu’ozon est bien étranger à l’œuvre de camus.