Click
"Click" de Frank Coraci.
Définir Sandler comme figure éminente de la comédie américaine ne lui porte que préjudice. Il est plus approprié de l'ériger visionnaire du mouvement moderniste de l'abolissement du cinéma archaïque.
Coraci s'impose en ennemi du rigorisme républicain par la satire ; visuel lisse numérique post-2000 cachant dans les pixels du regard de son interprète celui de son cinéaste.
Coraci et Sandler jouent leur rôle, leurs visages se fondent : si l'œil gauche observe le spectateur, l'œil droit dévisage les studios. Jamais accusateur du client dont il offrira l'émotion mais critique de sa condition dont il attaquera les fondations.
Le produit aseptisé évolue en geste artistique, le moment temporaire devient le regret d'une vie. Sandler assiste à son histoire avec l'outil qui a le pouvoir de la mettre en scène, mais n'en devient qu'un insignifiant public .
Simple exécutif contre son industrie, se sachant yes man remplaçable, qui tire de sa caméra pour sauver son honneur.
Comment ne pas voir en son cynisme d'apparence, un sourire pour celui qui pense derrière l'écran ?
Qui se souviendra de ceux qui commettent un crime, un jour de tous ces chasseurs de primes ?