
> j'aimerais vivre dans un film de Wes Anderson les 5 ⭐️ sont des 4.5 qui me représentent


*Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage.*

Deuxième film de Nolan dans la semaine et heureusement pour ma santé mentale, **L'Odyssée** s'est montré beaucoup plus convaincant que le terrible **Dunkerque**. CEPENDANT et malgré tout le bien qu'on en dit, je pense que Nolan, en réalisant ce film, a fait le choix discutable du non-choix dans son traitement des intrigues. À vouloir parler de tout pour plaire à un public aussi étendu, il réalise un film qui se perd dans les propos et messages. Le meilleur exemple est le traitement anecdotique du cyclope Polyphème, dont le rôle semble si peu exploité. (De plus, l'excuse de la véracité mythologique ne tient même pas au vu des larges partis pris dans l'adaptation qui suivront dans le métrage.) La conséquence de ce non-choix est donc qu'on regarde un film qui gaspille une heure dans un parcours méthodique et insensé d'Ulysse à travers les étapes forcées d'un voyage vu et revu. Mention spéciale tout de même à Circé qui apporte une touche de réflexion bienvenue sur la barbarie de l'Homme insufflant un vent d'air frais au film. Concernant le traitement des personnages, je trouve dommage que Nolan, qui avait ouvert la porte du protagoniste tiraillé dans **Oppenheimer, **nous offre une version édulcorée et fantasmée d'un Ulysse de marbre. Il n'est ni réellement affecté par la mort de ses hommes, ni par son départ après 7 ans de vie aux côtés de Calypso. Ulysse est censé être un manipulateur et un leader presque narcissique et mesquin selon Homère. Dommage que Nolan, aujourd'hui figure d'influence internationale, ne fasse pas le choix de dépeindre les dirigeants de ce monde comme des personnalités complexes davantage que comme des héros invincibles et presque déshumanisés. Et bien sûr, l'écriture des personnages féminins reste l'éternel point faible du réal, bien que **Zendaya** et **Anne Hathaway** volent le show. Premier acte très moyen donc. Heureusement le film se rattrape après. Particulièrement lors du retour d'Ulysse à Ithaque. Outre l'acting presque gênant à mon goût de **Tom Holland**, **Matt Daemon** livre une performance plus juste et touchante. Mais surtout, ce qui a véritablement sauvé ce film, est l'importance donnée aux conséquences d'une telle guerre sur le rapport de l'Homme à ses dieux et donc à ses croyances et traditions. **Zendaya, **déjà, est sobre mais parfaite dans une Athéna désabusée par la soif humaine et son déshonneur aux tout-puissants. Dommage donc que cet élément-là ne soit pas traité dans le premier acte et donc cruellement sous-exploité, tout comme le concept très intéressant de La Loi de Zeus qui est rabâchée sans cesse et avec si peu de finesse, mais qui manque cruellement d'un sincère traitement à l'écran. Très intéressante suite donc. Ternie malheureusement par la boucherie finale qui sonne davantage comme une obligation scénaristique que comme un réel besoin, surtout après la belle morale anti-guerre d'Ulysse et Athéna. Nolan s'en sort dans l'immense tâche qu'est l'adaptation de la plus grande épopée de tous les temps. Dommage tout de même qu'un réalisateur aussi glorifié que lui n'ose pas sortir des sentiers battus pour en faire une adaptation sensée, cohérente et pleinement actuelle. Fe!n Fe!n Fe!n

En tentant de trouver une super blague à faire dans ma review, j'ai cherché "situation où c'est beau et on se fait chier" sur Google, la 4eme proposition était une analyse de ce film. Rien à ajouter. Sauf des femmes