Persona
C’est vraiment un pur chef d’œuvre cinématographique. Persona est moins un film qu’un miroir brisé… Chaque plan reflète une vérité incertaine, chaque silence hurle plus fort qu’un dialogue. Bergman réduit l’intrigue à l’os pour disséquer l’identité, le langage et la frontière poreuse entre soi et l’autre. La mise en scène est d’une précision quasi médicale, la lumière de Nykvist sculpte les visages comme des paysages mentaux. Ullmann et Andersson livrent une performance hypnotique, où le regard devient arme et confession.
Tout ici est épuré, tendu, radical. Bergman n’analyse plus l’âme, il la met en crise. À force de creuser, il ne reste plus que le vertige : celui de ne plus savoir qui parle, qui souffre, qui existe. Un chef-d’œuvre hanté, qui continue de résonner bien après le noir final.
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