Vu en avril 2024. Le dernier film qui me manquait est donc aussi celui que je tiens pour son plus grand chef d'oeuvre : Tomboy est une perle d'empathie, un monument de tendresse. On a là peut-être le plus grand film sur la transidentité, son acceptation, sa construction, alors que le film ne parle même pas précisément de ça ; et la mise en scène si bienveillante de Sciamma accompagne cette histoire d'enfant qui a besoin d'explorer qui iel est. A voir et revoir régulièrement pour laisser l'obscurantisme à l'obscurité.
Vu en mars 2020. C'est là l'un des films qui marquent le mieux mon intérêt naissant pour le cinéma d'actualité là où la cinéphilie des deux trois années précédentes s'était plutôt tourné vers le cinéma de patrimoine et/ou le rattrapage des gros films des 20 dernières années. En 2020 se prend la résolution d'aller au moins deux fois par mois au ciné (mise à mal par le covid) et de rattraper une longue liste de films de l'année écoulée : une des premières claques et une des premières satisfactions de ce nouvel intérêt réside dans la découverte de Sciamma, Haenel, Merlant. Au-delà du film que je trouve sublime, c'est aussi là une de mes premières réelles prises de conscience de comment l'actualité résonne avec la politique : Haenel aura marqué l'année 2019, et toutes les suivantes. Pour la cérémonie des César, pour ce film beau, qui commence à introduire dans le débat critique les notions de male/female gaze. Film important donc pour ma construction cinéphilique, mais surtout film beau.
Vu en avril 2023. Grand film encore, qui parle sans démonstrativité ni condescendance de la sexualité adolescente, thématique souvent maltraitée, qu'elle soit négligée par puritanisme ou faussée par oubli de la timidité qu'elle porte en elle à cet âge. Naissance des pieuvres est aussi juste qu'on peut l'être. A voir adolescent, pour se sentir moins seul, plus respecté par les adultes ?
Vu en juin 2023. Un des premiers films que je vois à la réouverture du Cosmos à Strasbourg. Comme d'habitude, Sciamma montre un cinéma juste et empathique qui réussit à filmer humblement ce que sont les personnages (encore que je ne peux pas être sûr de moi pour celui-ci puisqu'il filme un milieu que je connais moins que ceux de ses autres films).
Vu en juin 2021. De manière amusante, la courte filmographie de Sciamma contient plusieurs jalons de ma cinéphilie, puisque je vois celui-ci au cinéma début juin 2021 alors que je viens de rencontrer IRL Nicolas Moreno et Grégoires Benoist-Grandmaison, les deux corédacteurs-en-chef de la revue Tsounami qu'ils ont monté quelques mois auparavant et dans laquelle ils m'ont invité à écrire. Petite maman, d'une certaine manière marque donc le premier pas de la maturation critique, du début d'une démarche d'intellectualisation des images que je regarde. A propos du film en lui-même, il faut cependant bien admettre qu'il est peut-être le plus faible de Sciamma. Qu'importe ! La douceur y est si belle, Sciamma donne l'impression de faire le film qu'elle voulait faire, et c'est tout joli.
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