The Browning Version
Le film m'a évoqué quelques autres que j'estime énormément (et qui lui sont postérieurs).
Il y a d'abord la noirceur, une sorte d'abîme de désespoir, une destruction mutuelle en spirale (visant ici plus Crocker-Harris que son épouse) qui m'ont évoqué celles de Qui a peur de Virginia Woolf, la violence en moins mais à presque égal niveau de cruauté.
Mais à vrai dire, ce serait plus au Goût du riz au thé vert que le film ressemble, non seulement par la bienveillance (certes désespérée mais bienveillance tout de même) que Crocker-Harris semble encore éprouver envers sa femme, certains de ses collègues et ses élèves, mais surtout par l'affirmation non seulement d'un droit au bonheur mais d'une possibilité d'être heureux.
Une autre étincelle rapproche celle des deux films : la jeunesse, incarnée par la nièce dans le film d'Ozu, par le lumineux Taplow ici, deux formes de pureté profondément empathes qui refusent d'accepter la résignation au malheur de quelqu'un qu'ils estiment.
Ce qui finit par différer - et rend le film aussi grand que ceux de Nichols et d'Ozu - c'est que le droit au bonheur que Crocker-Harris finit par saisir s'incarnera également dans l'acceptation du droit au désamour des autres.