Kill Bill: Vol. 1
A l’époque j’ai regardé ce film alors que j’étais sans doute trop jeune, où peut-être que Tarantino se destine en fait à ces jeunes gens qui pensent flirter avec la limite alors qu’ils sont en réalité très conventionnels. Il n’empêche que ce film m’a marqué, pas tant pour la confiture éparpillée que pour la façon dont le monde prend forme. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est les scènes où Uma Thurman parle en japonais qui m’ont le plus marquée. Parce que on nous précise jamais, et que pourtant ça établit que ce personnage a déjà une grosse histoire, et que nous spectateurs ne la posséderons jamais. Qu’on ne fait qu’emprunter un tronçon de route. Les personnages de Kill Bill dégagent une force gokuesque, parce qu’on ne les possède jamais, ils donnent tous l’impression de cacher quelque chose. Je sais bien que quand la rule of cool est en vigueur, cette profondeur est en fait très creuse et illusoire. Ça tombe bien, le cinéma n’est rien d’autre que croire pour un moment à une illusion.
Néanmoins, Godard basé pour avoir traité Tarantino de petit con.