Threads
Certainement un des films le plus horrifique et difficile à finir que j'ai pu regarder. Le début du film est certainement l'un des moments les plus suffocants possibles : cette attente abominable, le fait de s'immiscer dans la vie de ces gens normaux en sachant pertinemment qu'à un moment ou un autre tout va tourner à la catastrophe. Et quand ça arrive, cela surprend quand même tant l'horreur qui est montrée est brutale, viscérale mais profondément humaine. La suite du film ne perd pas ce souffle, ce qui est fort : telle la retombée de poussière de la bombe sur la ville, la dureté de la guerre atomique continue à nous crisper pendant l'heure restante. La fin quant à elle reste simple, mais nous démontre une chose : Il n'y a pas d'espoir, il n'y pas de retour en arrière. Cette simple vision nous refait penser à la vitesse à laquelle tout à disparu, la vitesse à laquelle tout peut être détruit. Des millénaires d'évolution réduit à néant par la folie des hommes, par la perte de contrôle du progrès. La façon dont l'histoire nous est compté est brutale, presque inhumaine, toute en formalité. On nous énonce des faits avec un simple texte, comme si l'apocalypse n'était qu'une suite de données à analyser, une simple formule mathématique. La mort de millions d'hommes et de femmes : une statistique, les effets des radiations sur le corps : une hypothèse, la non éducation des enfants nés durant cette fin du monde : une banalité. Rien n'est grave, rien n'est humain, mais rien ne peut s'arranger, rien ne peut être espérer.
Un chef d'oeuvre tragique, qui nous rappelle que tout ceci n'est peut être pas que fiction tant cette situation reste plausible et est déjà vécu par des milliers de personnes dans certaines zones du globe (Gaza).