Kes
Petite claque d'humilité sur LE genre dont je pensais avoir compris les ficelles à force de l'explorer...
C'est une folie de faire un film pareil, melanger de la poésie avec du sociétal, puis en faire un recit initiatique. Y mettre une cruauté qui atteint presque l'étalon de GY0. Et le melange de tout ca donne un spectre d'émotions complémentaires qui accentue chaque scène sans emphase, sans démonstration, sans catharsis ou mievrerie.
Assez fan de la manière dont Loach installe l'école comme une usine à conformisme anti-individu, basée sur le rituel d'humiliation et la violence et met en parallèle une forme d'éducation par le respect mutuel entre Kes et Billy qui génère l'épanouissement.
Le monologue sur le dressage dans la salle de classe : JAWDROPPING
Au dela de l'aspect initiatique il y a aussi toute une dimension sociale qui fait presque documentaire. Le côté reproduction sociale, l'écrasement subit par les profils singuliers qui s'ancre dans la réalité de cette campagne british ou la mine semble encore le choix par défaut .
La photographie accompagne magnifiquement le propos et le sentiment de voir du vrai, les acteurs (amateurs!) sont dirigés à la perfection.
C'est un film qui va bientôt sur ses 60 ans mais qui reste encore incroyablement lisible, pertinent et juste face à l'injustice, un chef d'oeuvre.