Belfast
Je suis obligée je crois de le mettre dans mon top 4. Ce film est juste magistral et il va me falloir quelques lignes pour expliquer pourquoi. Premièrement ça complète ma passion pour l’histoire irlandaise sur un aspect que j’apprécie tout particulièrement, la cohabitation au sein d’un quartier religieusement mixte entre protestants et catholiques. J’aime le fait que Buddy soit le personnage principal et aussi les yeux de la caméra. Le monde et le conflit sont filmés à la hauteur de son regard, sa famille est idéalisée comme le fait un enfant. Leger complexe d’Œdipe par encore résolu envers un père absent, qui possède le bon rôle dans l’éducation, le protéger dans les instants de crise, le faire rire et l’amener au cinéma. Tous ses moments d’hésitation sont écourtés car il ne peut être faillible au travers des yeux de Buddy. La mère quant à elle est tellement touchante. Partagée entre l’amour qu’elle porte à son quartier, à son identité, à ses filles.. elle est dans un déchirement que même son mari ne veut pas voir. J’aime le fait qu’au premier visionnage je les trouvais trop beaux tous les deux, mais que progressivement je vois surtout comment il fuit le conflit et aussi comment la guerre civile se répercute au sein même de leur mariage.
Quant à la direction visuelle, chaque plan est à encadrer et je pèse mes mots. Le noir et blanc apporte une profondeur à l’histoire, quelque chose de l’ordre du souvenir qui pour moi, accentue cette idéalisation de l’enfance qui transparaît. J’ai pleuré bien sûr, car il y a un tel entrelacement de la violence quotidienne et de la violence de la guerre civile que Buddy en sort presque de l’enfance..
Van Morrison c'était juste la BO parfaite pour ce chef d’œuvre, je peux donc mourir en paix après l’avoir revu.