The Missing
À la base l'envie de m'étendre sur ce film n'était pas trop présente, mais je n'ai pas trop le choix au final, la pépite que je viens de voir vaut trop chère pour passer à côté. Réalisé par l'acteur Lee Kang-Sheng, The Missing est son premier long métrage, et grandement inspiré du style de Tsai Ming-Liang, dont il joue dans l'entièreté de ses films comme tête d'affiche, Lee réussit trop bien à adhérer sa propre singularité et conscience dans son film, en apportant différemment la vague émotive qui frappe la fin de la plupart des Tsai, comme quoi l'humain est seul peu importe ses choix et son entourage. Ici c'est frappant, je ne vais pas entrer dans les détails, mais ça se rapproche d'une fin à la Demoiselles de Rochefort.
Chaque personnage agis humainement, donc ils sont tous associables à nos grand parents, petits fils, et même à travers nous même
Une caméra fixe suivant l'action de loin, Lee filme la panique totale d'un regard tellement lointain qu'on assiste, on ne ressent pas. D'une distance, on est assis devant l'écran à fixer et observer méticuleusement une grand mère chercher son petit fils dans un terrain de jeu par exemple. C'est ça, The Missing, sans jamais être là,on est là. C'est parfait. Pendant 1h27, on accepte la vision d'une autre vie, on a rien a dire mais criss qu'on y prends plaisir quand c'est un des deux derrière la caméra. De plus en plus, je trouve que Lee est un des plus grand artiste de son temps, du moins celui qui me touche le plus que ce soit par la réalisation ou l'interprétation, dans son regard sur le monde, ses lents mouvements, sa présence, c'est toujours réconfortant et je sais pas trop il y a une certaine proximité avec ma personne.
Très dommage qu'après Help Me Eros, sorti en 2007 (autre chef d'oeuvre) Lee Kang Sheng délaissera la fonction de réalisateur, car avec plus d'effort, il brillerait encore plus