Cure
Rewatch de Cure en pétard et c’est toujours le plus grand thriller policier de l’histoire 🕵️♂️. Si la critique est longue, c’est normal, j’avais un peu envie de parler de tout ce que j’adore dans ce film 😭.
Déjà, j’avais un peu cette peur classique de est-ce que ça va être moins bien que la première fois ? Et en fait, pas du tout, c’était même encore mieux, alors même que j’étais fatigué, au point de presque m’endormir vers la fin. Mais malgré ça, le film m’a tenu du début à la fin, et rien que ça ça en dit déjà beaucoup.
Ce qui me frappe le plus, c’est l’ambiance. Il y a une tension constante pendant presque 2 heures, sans jamais vraiment la relâcher. Et pourtant, il ne se passe pas énormément de choses au sens classique. Mais tout passe par l’atmosphère, et surtout par le son, ce que je trouve génial. Il n’y a quasiment pas de musique, mais il n’y a jamais de vrai silence non plus. Il y a toujours un bruit, une texture sonore, quelque chose qui remplit l’espace, et ça crée un malaise permanent.
Pour ce qui est de l’histoire, en surface, c’est un thriller policier basique avec des meurtres, une enquête, un type qui semble manipuler les gens. Mais plus ça avance, plus ça devient autre chose. Quelque chose de beaucoup plus psychologique, presque insaisissable. Et surtout, le film ne donne jamais vraiment de réponses claires, il te laisse dans une forme d’attente constante. Tu crois que quelque chose va arriver, qu’une explication va tomber, et en fait non. Et c’est ça qui est parfait.
Niveau personnage, celui de Takabe est central là-dedans. Au début, c’est un policier classique, sérieux, fatigué, mais droit. Et en fait, plus le film avance, plus tu comprends que ce n’est pas quelqu’un qui change à cause des événements, mais quelqu’un dont une autre facette prend le dessus. Une facette déjà là. Notamment dans sa relation avec sa femme. Le moment où il dit qu’elle est un fardeau, c’est violent, mais surtout ça révèle quelque chose qu’il n’assumait pas. On est loin d’un développement classique. La scène où il la voit morte est typiquement hyper importante aussi et c’est clairement l’une de mes préférées. Sur le moment, c’est choquant, il s’effondre, puis tout redevient normal. Mais en réalité, ça en dit beaucoup sur lui. Ce n’est pas juste une hallucination gratuite, c’est comme si une partie de lui avait imaginé cette possibilité. Et juste après, quand il est avec Mamiya, tout fait sens. On comprend que ce qu’il voit, ce n’est pas quelque chose d’extérieur, mais quelque chose qui vient de lui.
Mamiya justement, est fascinant. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait jamais vraiment pourquoi il fait ça. Et je ne pense pas que ce soit une sorte d’entité ou de truc surnaturel. Pour moi, c’est plutôt quelqu’un de normal, mais qui a compris quelque chose sur les gens. Sur leur part sombre. Et qui sait comment la faire ressortir. Le fait qu’il joue l’amnésique, qu’il pose sans cesse les mêmes questions, ça rend les autres fous, mais surtout ça les force à se confronter à eux-mêmes. Et le truc clé, c’est que comme c’est bien dit dans l’œuvre, l’hypnose ne peut pas forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il refuse moralement. Donc ça veut dire que tous les meurtres viennent des gens eux-mêmes. Lui, il ne fait que lever les freins. Et du coup, ça rend tout le monde vulnérable. Il n’y a pas de personnage “pur”, pas de héros. Même le psy finit par sombrer, parce qu’il s’immerge trop dans le sujet.
Ça rejoint la grande question du film qui est pour moi superbe : d’où vient la violence ? De la société ou des individus ? Et le film suggère que la société met des limites, mais que la violence est déjà là, chez les gens. Elle est juste contenue. Et Mamiya, lui, enlève ces limites.
J’aime aussi énormément la mise en scène. C’est très minimaliste, mais hyper précis. Beaucoup de plans larges, beaucoup de distance avec les personnages. Même dans les scènes de meurtre, la caméra reste loin, comme si on était condamnés à regarder sans pouvoir intervenir. Ça crée une forme d’impuissance.
Il y a aussi ce jeu constant avec les attentes. Par exemple, la scène dans le bâtiment vers la fin, pourrait être un grand climax, mais ne l’est pas du tout. Il ne se passe presque rien, pas de grand dialogue, juste quelques échanges et des coups de feu. Et c’est parfait comme ça. Pareil avec le faux “fantôme” derrière le drap, tu crois qu’il y a quelque chose, mais en fait non. Le film refuse toujours d’aller dans le spectaculaire.
Et puis il y a certaines scènes qui marquent vraiment. Celle où Mamiya demande “qui êtes-vous ?” est incroyable. Parce qu’au fond, personne ne sait vraiment répondre à cette question. Et le moment où il dit à Takabe qu’il peut entendre sa voix, c’est glaçant. Tu comprends qu’il est déjà touché, et comparé à la première fois où je l’avais vu, cette fois-ci, elle m’a carrément mis les frissons tellement je l’ai trouvé extraordinaire.
Au final, tout fonctionne ensemble, l’ambiance, le son, les personnages, la mise en scène, le rythme. Rien n’est là pour faire joli ou impressionner. Tout sert le propos. Et je pense que c’est pour ça que le film reste autant en tête.
C’est clairement un 5/5.
Je sens que si je le revois, j’aurais encore plus de trucs à dire 🤣🤣.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️/5.