Dune
2024 au Cinéma - Ressortie
Dans quelques jours, le très attendu Dune : Deuxième Partie débarque dans nos salles de cinéma. C’est la grosse sortie de ce début 2024, déserté par les blockbusters et où les flops s’enchaînent (Argylle, Madame Web), et pour l’occasion, Warner Bros. a décidé de ressortir la « Partie 1 » dans nos salles ! Un nouveau visionnage s’imposait donc, plus de deux ans après l’avoir découvert pour la première fois.
En septembre 2021, j’étais allé voir Dune sans grandes attentes. N’étant pas un amateur de science-fiction (la plupart des films du genre, comme les Star Wars par exemple, me laissent indifférent) ni fan de sa tête d’affiche, un Timothée Chalamet alors tout droit sorti du cinéma indépendant, j’y allais dans le but de découvrir ce film qui déchaînait les passions des cinéphiles : une nouvelle adaptation du roman de Frank Herbert, des décennies après celle de David Lynch (que je n’ai pas vu) et la tentative avortée de Jodorowsky. Avec un casting de stars, des ambitions de franchise et un réalisateur passionné, cette version 2021 était attendue au tournant, alors que la majorité des spectateurs n’osaient pas revenir en salles. Dune était le premier blockbuster post-confinement, le « Messie » (c’est le cas de le dire) attendu par le monde du cinéma pour ramener les gens au cinéma. Beaucoup prédisaient un flop, ce ne fut pas le cas : plus de 400 millions de dollars (soit un résultat très satisfaisant pour une telle prise de risques), des critiques élogieuses, six Oscars (entre autres récompenses)…
À l’époque, j’avais été tout simplement époustouflé. Lorsque je suis sorti de la salle, il était évident que je venais de vivre l’une des séances les plus extraordinaires de ma vie : Dune est la définition même de ce qui doit être vu dans une salle. C’est une immersion totale dans un univers passionnant, mystique et dense, dont la grandeur de sa mythologie ne prend toute sa dimension que sur un écran géant, plongé dans la pénombre. Lorsqu’il était sorti, je l’avais vu deux fois en salles. Je ne l’avais pas revisionné depuis, et je peux dire que mon avis sur le film n’a pas changé, et s’est même amélioré. Je ne peux qu’être dithyrambique sur un tel film. Tout est irréprochable selon moi. C’est un chef d’œuvre de science-fiction, et indéniablement l’un des plus grands films de ces dernières années.
Ce qui m’avait le plus frappé durant mon premier visionnage, c’est le brio avec lequel Denis Villeneuve et son équipe était parvenu à créer un nouveau monde qui semble palpable, réel et complexe. C’est l’un des seuls films qui me donnent vraiment l’impression d’être sur une autre planète, et d’être plongé dans une nouvelle culture. Les costumes sublimes (en particulier ceux portés par Rebecca Ferguson et Charlotte Rampling), les décors et paysages grandioses, la photographie de Greig Fraser, la musique unique et inoubliable de Hans Zimmer (tout bonnement l’une des partitions les plus mémorables que j’ai eu l’occasion d’entendre)… La rigueur et la précision de chaque personne qui a travaillé sur le projet est remarquable, sous la direction d’un Denis Villeneuve plus en forme que jamais. Sa mise en scène, virtuose, contemplative et épique à la fois, nous transporte à chaque instant !
J’ai parlé plus haut d’un « casting de stars », et en effet, quel casting ! Les grands noms se côtoient au générique : Stellan Skarsgård, Charlotte Rampling, Javier Bardem, Oscar Isaac, Zendaya… Je ne suis, personnellement, pas très convaincu par Timothée Chalamet, qui sans être déplaisant, ne parvient pas à apporter la subtilité nécessaire pour raconter la transformation de son personnage en « prophète » (peut-être qu’il rectifiera le tir dans le deuxième film). La vraie star du film, à mon sens, c’est l’incroyable Rebecca Ferguson ! Elle campe ici le rôle de Dame Jessica, mère du héros et membre de l’ordre du Bene Gesserit (une sororité qui planifie le futur de l’humanité dans l’ombre et dont les membres possèdent de mystérieux pouvoirs), en y apportant une intensité folle ! Elle est magistrale de vulnérabilité et de ténacité, et transcende à chaque apparition à l’écran.
Dame Jessica est l’un des rares personnages féminins de l’œuvre, et Denis Villeneuve a ainsi décidé de mettre l’accent sur elle. Dune version 2021 est donc, bien plus que son prédécesseur, un film « au féminin », et tant mieux, car le Bene Gesserit est incontestablement l’un des aspects les plus fascinants de l’univers imaginé par Frank Herbert. Globalement, le regard porté sur cette histoire, vieille de 60 ans, est profondément actuel : écologie, colonisation, capitalisme et féminisme. Jamais la modernité du texte originel (publié pour la première fois dans les années 60, synonymes du LSD et du pétrole – les deux inspirations de l’épice d’Arrakis) n’avait été aussi frappante.
Dune, c’est 2h30 de pur plaisir cinématographique, d’émerveillement et d’ébahissement. Il va être très difficile pour la deuxième partie de faire mieux, mais une chose est sûre, je serais le premier à être en salles pour découvrir la suite. Une grande saga est née, et comme le dit Chani, ce n’est que le commencement !