Interstellar
2024 au Cinéma - Ressortie
Érigé en film culte dès sa sortie en novembre 2014, le neuvième long-métrage de Christopher Nolan est une épopée à travers l’espace et le temps des plus singulières, à (re)découvrir en salles pour son dixième anniversaire !
Je vais être honnête : je n’avais jamais vu Interstellar avant de me rendre au cinéma le weekend dernier. Si j’avais maintes et maintes fois entendu parler de cette œuvre si adulée, je n’avais pas encore eu l’occasion de la visionner. Aussi, lorsque j’avais appris que le film retrouverait les salles obscures à l’automne, j’étais enchanté. De Christopher Nolan, je n’ai vu que ses blockbusters « high-concepts » Inception (excellent) et Tenet (bancal) et son dernier film multi-récompensé, le biopic Oppenheimer avec Cillian Murphy. L’occasion était donc idéale pour me plonger plus profondément dans sa filmographie iconique avec ce qui est probablement son opus le plus acclamé, aux côtés de son célèbre The Dark Knight : Le Chevalier Noir, deuxième opus adulé de sa trilogie Batman avec Christian Bale et Heath Ledger.
Dans un futur proche, la Terre devient de moins en moins vivable pour les humains, battue par d’incessantes rafales et en proie à un parasite qui s’attaque aux cultures, causant une crise alimentaire mondiale. Cooper, ancien pilote travaillant comme fermier à la suite d’un crash, élève avec son beau-père ses enfants, orphelins de mère : l’adolescent Tom et la jeune Murphy. Un jour, il est contacté par la NASA qui souhaite le recruter pour une mission top-secret de la plus haute importance : intégrer l’équipage d’un vaisseau afin de traverser un trou noir, dans lequel existe une toute autre galaxie, où se trouveraient des planètes potentiellement habitables pour l’homme. Conscient que la situation est critique et que l’espèce humaine est plus que jamais menacée, Cooper s’engage dans une périlleuse expédition à travers l’espace et le temps, dont lui et ses coéquipiers ne pourraient ne jamais revenir.
Autant dire que ce synopsis déjà riche en informations n’est que la partie émergée de l’icerberg ! Interstellar est une œuvre extrêmement dense, qui exige de multiples visionnages et heures de réflexions afin d’en comprendre la complexité. C’est d’ailleurs ce qui, je pense, a contribué à son succès : on peut la redécouvrir encore et encore, admirer un peu plus à chaque fois l’intelligence et la minutie de la mise en scène et du travail des équipes techniques, tout en étant systématiquement transcendé par cet incroyable voyage cinématographique. Je n’ai pas vu les trois heures passer, complètement absorbé par ces mondes qui se déploient à l’écran, tous caractérisés par des concepts visuels mémorables. Une planète entièrement recouverte d’eau, balayée de vagues monstrueuses. Une autre comme enneigée, aux nuages semblables à des roches immaculées… Chaque nouveau décor marque la rétine.
La mise en scène de Christopher Nolan, grandiose, vient sublimer ce travail colossal d’effets visuels et de photographie (le génie Hoyte van Hoytema, collaborateur habituel du cinéaste, officie comme chef opérateur, et son talent infuse chaque plan du long-métrage). Le réalisateur démontre encore une fois son talent pour équilibrer émotion et spectacle : le film n’est pas avare en séquences d’actions, mais elles ne fonctionnent véritablement que grâce à l’attachement du spectateur envers les personnages. Là où un film comme Tenet laisse le spectateur indifférent malgré ses prouesses techniques, Interstellar met toujours sa débauche d’effets au service de l’histoire. La bande originale concoctée par le maestro Hans Zimmer est également l’un des aspects les plus inoubliables d’Interstellar : impossible d’oublier ces notes, empreintes de tristesse et d’espoir à la fois, concentrant ce qui rends ce récit aussi mémorable. C’est là la plus grande force de l’œuvre : la forme n’écrase jamais le fond, et là où je craignais que le casting se fasse engloutir, il n’en est rien !
La distribution est emmenée par un excellent Matthew McConaughey qui élève un personnage sur le papier plutôt basique à un tout autre niveau. Il est accompagné d’une Anne Hathaway fabuleuse (comme toujours) et d’une Jessica Chastain farouche qui constitue, selon moi, le véritable cœur du long-métrage. Outre ces trois qui se démarquent largement, les nombreux seconds rôles de l’intrigue sont tous incarnés par des têtes reconnaissables, et qui font toutes de leur mieux pour faire fonctionner cette grande symphonie : Michael Caine, Matt Damon, Casey Affleck, John Lithgow, et même Timothée Chalamet et Mackenzie Foy, encore à leurs débuts. Ils doivent tous composer avec des dialogues qui, il faut bien l’avouer, sont le principal reproche que j’ai à faire au long-métrage. Nolan ne trouve pas l’équilibre entre tirades ultra-complexes et répliques si clichées qu’on les croiraient sorties d’un vieux film de science-fiction, et cela m’a parfois sorti de mon visionnage.
Je ne m’y attendais pas, mais Interstellar est le film de Christopher Nolan qui m’a plus emporté. J’ai été conquis par cette œuvre riche, d’une beauté à couper le souffle. Un divertissement qui enchaîne rebondissement sur rebondissement, et qui traite à sa manière de thématiques on ne peut plus actuelles (l’écologie notamment). C’est une expérience à nulle autre pareille, à vivre à tout prix en salles.