High School Radical
hyper intéressant.
j’ai beaucoup pleuré en regardant ce documentaire. à cause de la douleur ou de la colère que ces images provoquent, mais aussi parce qu’elles montrent une société qui semble avoir oublié toute notion de nuance ou de compassion. trump me fait très peur (c’est une surprise pour personne) mais ici, le choc vient du fait qu’on est plongé au cœur de son électorat, face à des gens réels, ordinaires, persuadés de faire le bien. ce n’est plus une caricature vue depuis l’extérieur, c’est une immersion dans un monde parallèle où la peur, la foi et la désinformation se mélangent jusqu’à devenir une seule et même vérité. au moment de son meeting, j’ai eu des flashs d’images d’archives de la seconde guerre mondiale: des visages exaltés, des foules en délire, ça m’a terrifiée. on retrouve la même mécanique: un leader présenté comme sauveur, un peuple en colère cherchant des coupables, et une idéologie qui s’installe, petit à petit, sous couvert de “valeurs” ou de “liberté”.
ce documentaire met en lumière le vrai problème des états-unis: un système qui dévore sa population de l’intérieur. beaucoup de personnes interrogées expliquent qu’en dix ans, leur niveau de vie s’est effondré. pourtant, malgré cette précarité, ils s’accrochent désespérément aux discours de trump. pour eux, il est littéralement le “messie” envoyé sur terre pour les sauver de la misère.il y a vraiment une contradiction permanente dans les discours. l’une des personnes interviewées dénonce le fait qu’une poignée de personnes contrôle tout grâce à leur fortune, en désignant clairement les inégalités économiques comme le vrai problème, mais soutient trump? un autre parle des “immigrés” comme de la cause de tous les maux du pays, avant d’avouer qu’il ne regarde pas les actualités. (et j’en passe et des meilleurs)
high school radical montre les dérives de l’extrême droite, la violence qu’elle engendre, et surtout la haine qui se répand sur tout le territoire américain. et pourtant, le documentaire reste d’une étonnante neutralité. il ne condamne jamais frontalement, il ne commente presque pas. sa morale semble être: “on peut tous trouver un terrain d’entente.” et c’est là mon problème. cette posture d’équilibre permanent donne parfois l’impression qu’on met sur le même plan ceux qui subissent et ceux qui détruisent. comme si les deux camps avaient simplement “du mal à se comprendre”, alors que certains sont littéralement privés de leurs droits, de leur sécurité, voire de leur dignité.comment parler d’un “terrain d’entente” quand on nous montre des femmes qui risquent la prison pour une fausse couche, une autre morte à cause d’un diagnostic bâclé simplement parce qu’elle était noire, ou encore un salon d’armes où des vestes nazies sont vendues sans gêne? le docu suggère qu’il suffirait de se parler, de s’écouter, de coexister. mais face à de telles injustices, ce message sonne presque naïf, voire dangereux. parce qu’à force de chercher la neutralité, on en vient à minimiser la gravité de ce qu’on montre. on finit par faire exister sur le même plan la haine et la tolérance, la désinformation et la vérité, comme si tout n’était qu’une question de point de vue.
malgré tout, le documentaire reste bouleversant, essentiel, et humain.