We Believe You
Un immense film sur la justice et l'injustice
En 1h18, les réalisateurs parviennent à représenter une audience qui nous coupe le souffle, tant dans son fond (longues répliques pour chaque protagoniste) que dans la forme (des plans serrés pour être au plus près des émotions, pour ne plus qu'écouter ce qui est raconté).
Ici, l'intérêt n'est pas de savoir qui dit vrai (on vous croit évidemment) mais quel aboutissement à l'audience ?
Le juge des familles tient un discours inintéressant, à contre courant. La juge, impartiale, semble pourtant porter plus d'attention à Myriem Akheddiou. L'épilogue nous permettra définitivement de savoir.
La justice, ici, est très critiquable : sans preuve tangible (le discours implicite d'un enfant ne suffit donc pas...), peut-on vraiment croire cette mère au bout du rouleau, qui ne cesse de se défendre, quitte à présenter des détails gênants et intimes (dont cette maladie liée aux selles).
Mais surtout, toute cette tension éclate lors de cette séquence du Tuba, où le cadeau devient objet d'oppression, rappellant l'effet d'une fellation non-consentie.
Le film émeut, raconte puissamment, questionne l'institution, mais surtout offre une représentation parfaite d'une audience où la vérité ne semble pas être une évidence...