The Lighthouse
WOW WOW WOW J'AI ADORÉ ! Le doute constant, cette sensation d'enfermement dans un endroit pourtant si ouvert, la solitude, la répression, le bruit du vent et des horloges qui ne s’arrêtent jamais…
Je me suis tout d'abord lancé dans le film en m'attendant à ce que ça me rappelle Edgar Allan Poe (The Lighthouse étant le titre de la dernière nouvelle de Poe, qu'il n'a pas pu finir, car il est mort avant) et effectivement, j'ai pu remarquer des similarités avec son travail. Le duo me fait immédiatement penser aux personnages de The Tell-Tale Heart (encore plus après avoir vu la scène de Howard essayant de tuer Wake, suivi du plan de l'œil de Wake), mais on peut aussi penser à The Fall of the House of Usher, avec la dégradation de la maison qui accompagne la dégradation de l'état des personnages.
Qui sont ces personnages d'ailleurs ? Deux versions modernes d'une divinité et d'un titan de la mythologie grecque ou deux hommes du XIXe qui deviennent réellement fous suite à l'ennui et la solitude ?
Parlons d'ailleurs de ces références à la mythologie grecque, on a ÉVIDEMMENT la fin sur Howard qui se fait dévorer par les mouettes (coucou Prométhée), mais aussi Wake qui se transforme (ou pas ?), rappelant Protée, divinité marine capable de se métamorphoser, mais qui a également le don de prophétie ("Bad luck to kill a seabird"). Et bien sûr la partie très homoérotique qui rappelle notamment des récits épiques de l’époque.
J’ai adoré ce délire de mélanger plaisir et horreur, Wake qui devient la sirène puis on est de nouveau de retour sur Wake mais cette fois sous une forme monstrueuse avec des tentacules énormes (hello Lovecraft). La lumière, source de désir, de plaisir et d’horreur avec cette scène (et d’autres scènes d’ailleurs) où Howard la découvre enfin et on voit alors sur son visage la marque du plaisir tout en entendant ses cris horribles.
Le choix du noir et blanc, du format qui rendent le tout encore plus oppressant, mystérieux, j’adore.
Enfin, je suis et resterai toujours une GRANDE FAN des narrateurs non fiables. On a deux personnages qui boivent constamment, qui croire ? C’est difficile de croire ce qu’il y a à l’écran, encore plus quand on a Howard qui devient de plus en plus fou tout en pensant qu’il est dans le vrai (The Tell-Tale Heart once again), et Wake qui le gaslight CONSTAMMENT.
Vraiment, j’ai vu le titre puis le thème “Gothic And Eerie Haunting Horror” et j’ai pas été déçue.