Ran
Ran (1985) — Akira Kurosawa
Ran est le quatrième film sorti avant la mort du génie du cinéma japonais.
Connu et reconnu pour ses nombreux films de samouraï qui sont prédominants dans la filmographie de Monsieur Kurosawa, celui-ci est sûrement le plus authentique et le plus complet.
Ceci est seulement mon cinquième film que j’ai vu dans sa filmographie.
J’avais vu auparavant (de manière chronologique) : Ikiru, Seven Samurai, High and Low et Dreams.
Mon regret dans la découverte de son cinéma est peut-être d’avoir vu d’abord Dreams avant Ran. La raison est très simple, c’est la qualité grandiose qui n’est autre que la colorimétrie.
Dans Dreams, c’est la retranscription des rêves que voit le réalisateur dans la vraie vie, idée originale et inattendue surtout en connaissance de cause de cette aspiration habituelle (je parle bien du thème médiéval japonais : les samouraïs).
Dreams se répartit en plusieurs chapitres qui ont TOUS la qualité d’être visuellement magnifiques, les coloris font sens et nous plongent de façon inconsciente et captivante dans ces rêves qui, eux, ne font pas forcément tant de sens que cela… Nous ne pouvons pas tout comprendre, regardez Lynch, il a retranscrit tous ses univers et rêves dans ses films sans pour autant qu’on en comprennent quelque chose.
Enfin bon, fermons cette parenthèse.
Ran, lui, utilise la colorimétrie de façon à nous indiquer l’identité des armées à qui elles sont relié. Ainsi, le jaune est la couleur de l’aîné Taro, le rouge correspond à Jiro et le bleu à Saburo.
Durant les batailles, on comprend très vite à qui appartient telle armée a tel frère. De plus le nombre de lignes sur le drapeau coloré est encore plus évocateur (une ligne sur un drapeau correspondt a l’aînée, deux lignes le frère du milieu et trois lignes pour le cadet).
En dehors de cette colorimétrie, un autre élément qui guide le spectateur est le maquillage sur le Seigneur/Père.
Plus le film avance, plus la folie de celui-ci est apparente et marque son visage.
Il a le visage presque blanchâtre au point qu'à la fin il ne reste que ces traits de visage noirci sur ses rides et le reste est “parsemé” d’un blanc calcaire.
L’histoire est assez trompeuse dès le départ, on comprend vite que le père va devenir fou et que ses frères vont se retourner contre lui, et Monsieur Kurosawa nous trompe en nous faisant penser que Saburo est le plus mauvais de tous et qu’il est l’élément déclencheur de cette folie. MAIS la folie du père est prévisible, tout le mal qu’il a fait à ces gens pour créer son trône imposant a des conséquences, il perd la tête, la raison. Au point où il va même renier le seul de ses fils qui voulait le sauver.
La fin n’est pas heureuse d’ailleurs, heureusement, étant donné que le père et Saburo meurent après leur réconciliation, il s'est fait frapper par la foudre pour ses torts et voilà son dû.
La vraie source du mal est le père, mais celui, ou plutôt devrais-je dire celle, qui va vouloir récupérer ce qui lui a été volé est Dame Kaede. Elle est la sangsue, elle s’accroche aux frères, les marie et puis se réjouit de les manipuler et aussi du fait qu’elle se rapproche de son objectif. MAIS n’aurait-elle pas ce problème de caprice ?
Elle montre ses caprices avant la guerre finale mais aussi après.
Dans son rapport avec Jiro, elle dit qu’elle ne veut qu’aucune femme puisse vivre des relations sexuelles avec lui. Plusieurs questions se pose :
Est-ce que la manipulation lui est un plaisir pervers ? Ne s’attache-t-elle pas quand même à Jiro ? Son rêve de récupérer le château de sa famille ne serait pas un prétexte pour pouvoir réaliser ses fantasmes pervers ?
Ran va sans discussion dans mon Top 20
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