Sans Soleil
Sans Faille
Le montage poussé à son paroxysme ; tout comme on pourrait prendre n’importe quelle image du film pour en faire un tableau, on pourrait en prendre n’importe quelle phrase pour en faire une maxime. Il y aurait trop à dire pour y rendre justice, donc je préfère me contenter de trop peu.
Derrière le flux de conscience anthropologique, il y a plutôt un regard millimétré, une saillance seulement permise par un montage parfait (on ne vante pas assez du montage son) et par une image exacte, d’une précision nonchalante. Marker arrive à créer une dérive chirurgicale, où la mémoire ne se dilue jamais, elle est retranscrite en une archive parfaitement fixée et réglée. Toujours incomplète, en bribes, mais jamais déteriorée, le regard conserve sa faculté de cernement. L’exemple magistral d’un "Focused Ennui".
J’aimerai tant apprendre à voir aussi bien que ce voyageur invisible.
Équivalents musicaux du même niveau :
- Toshiya Tsunoda - Somashikiba
- Roger de la Frayssenet (Lionel Marchetti) - Kitnabudja Town