The Intruder
Un Subor chasseur tue l'intrus géographique dans l'hémisphère Nord, un Subor alité lutte contre l'intrus physiologique, son nouvel organe le contamine autant qu'il le garde en vie. L'intrus le plus radical est impossible à tuer. La greffe le pousse à la dérive, au point de le faire devenir l'intrus d'autres lieux qu'il contaminera à son tour. La mer est tantôt céruléenne, d'encre ou huileuse. Interne ou externe, l'intrusion implique toujours de se fondre avec la surface; l'incision chirurgicale est aussi haptique que le paysage, qui est traversé avec tout l'élan du film. Les rides creusées forment des canaux éclairés par la nuit bleue. Plus près, les arbres balayent le fond à pleine vitesse, plus loin, le chasseur balaye l'orée du regard. D'abord visuelle, l'exploration devient ensuite tactile (me touche pas), la masseuse est aveugle. La narration n'a aucun moyen de justifier sa linéarité: où commence et où finit le corps?