November
Un des films les plus uniques et dérangeants que j’ai pu voir.
Très contrasté dans ce qu’il nous montre, car l’image, la réalisation et les plans sont magnifiques, avec sans doute l’une des meilleures utilisations du noir et blanc du cinéma moderne. Celui-ci est extrêmement contrasté et colle parfaitement avec l’univers du film, qui, pour le coup, n’a pas la moindre once de beauté.
Tout ce qui est filmé est immonde, boueux, misérable, glauque.
Ce film pue la crasse, une crasse presque palpable qui se rapproche beaucoup de celle de Hard to Be a God même si celle ci est quand même un niveau au dessus. Ces deux films sont similaires sur pas mal de choses, surtout l'esthétique et la mise en scène, à un détails près que dans HTBAG, le récit se base sur la science-fiction, de scientifique qui tente d'apporté la civilisation sur un monde médiéval fiévreux et animal, alors que November s’appuie sur la mythologie et le folklore.
Celle-ci est au cœur du film, et c’est à mon avis l’une de ses plus grandes forces. Rainer Sarnet va nous montrer le folklore estonien de manière très concrète, terre à terre, incarnée de façon si palpable, par exemple en personnifiant le diable ou la peste, qu’on en oublierait presque l'aspect mystique, tellement le film nous montre tout sans détour, avec des personnages plus proches du réel que de la fiction.
Des personnages sans la moindre morale, tous misérables et répugnants, remplis de vices, qui incarnent à la perfection toutes sortes de péchés présents dans la religion chrétienne, qui est d’ailleurs montrée à de nombreuses reprises et qui est en quelque sorte mise en opposition avec tous les rites païens omniprésents.