Lust, Caution
Pour un homme?
Une ordure en plus?
Renier sa patrie, trahir la résistance…
C’est le choix que le personnage de Tang Wei fait. Et qu’est-ce que c’est beau cette vulnérabilité dont elle fait preuve face à un homme lui faisant miroiter tout ce qu’elle désire. Wong Chiachi se perd et se retrouve simultanément dans la violence de sa relation avec M. Yee.
Une véritable claque dans la gueule ce film, il est magnifique, il est terrifiant de véracité sur la nature humaine. Mais attention à ne pas le percevoir comme romantique (par pitié).
Assez déçue ceci dit de voir des gens (des hommes…) s’exprimer sur le film et ne pas comprendre que ce n’est pas du point de vue de M. Yee que le film est raconté, mais plutôt de celui de Wong Chiachi. En le voyant ainsi, l’histoire n’a aucun intérêt car elle ne dépasse pas le désir de M. Yee pour Chiachi. Mais c’est une toute autre histoire du côté de cette dernière, qui en n’existant que pour lui -sa mission- se sent vivre, et là où le film vise très très juste, c’est qu’en réalité Chiachi est une coquille vide, qui ne sait à qui prêter sa loyauté… et que dès lors qu’un homme semble l’aimer, elle abandonne toute morale.
En réalité, M. Yee n’est qu’un prétexte pour mettre en valeur Tang Wei, il est aperçu comme une menace, ne remplit jamais entièrement le cadre dans la première partie du film, et dès lors, on peut entièrement se concentrer sur les réactions de Tang Wei.
Encore un mot sur la forme: les acteurs sont phénoménaux, la cinématographie est magnifique, fin du Ang Lee qui slay au final.
Note to self: absolument apprendre à jouer au mahjong