

aimer et être aimé, deux choses qui, lorsqu'elles sont inégales entre deux êtres produisent une quête de sens effrénée et sans fin, jusqu'à en perdre la tête et l'honnêteté, François, étudiant idéaliste en amour, pathétique, Anne, une femme indécise en relations et peu sympathique, il n'y pas de doute : leur amour est dialectique et leur histoire est tragique

" - Hypocrite" "- C'est pas de l'hypocrisie c'est du charme" Ce film est d'une qualité très particulière pour une raison : la narrateur que l'on suit n'est pas une voix moralisatrice parfaite ou d'une vérité universelle des évènements comme dans bien des films, au contraire : elle est celle d'un homme hypocrite, se sentant moralement supérieur et trop noble pour se faire une femme qu'il dit "facile" pour sa vie sexuelle active, un homme qui a tout faux sur une femme qu'il pense saisir. C'est peut être l'un des conte moraux les plus intéressant que j'ai vu : la destruction des auto-proclamés moraux moralistes qui ne le sont que dans leur narratif interne et personnel. Adrien est insupportable, un faux homme moral, un petit prétientieux, un sourire faussement charmeur qui veut jouer à un jeu que seul lui semble connaitre, tout le long du film il n'assumera quasiment jamais ses intentions en essayant de se convaincre lui (et nous) de sa soi disant supériorité moral trahie par son envie irrésistible de jouer et de tester Haydée qui prendra la forme de "jeux" ou de discussions où il se montre moralisateur et paternaliste avec elle, en n'assumant pas son objectif dans un premier temps. et mon Dieu, son collègue n'est pas mieux, sa colère froide dans la scène où il tape du pied pendant qu'Haydée est affalée sur le canapé, cette frustration de voir une femme épanouie dans sa sexualité pendant qu'il n'a aucune femme pour lui et son besoin de l'insulter de trainée, il ne joue pas, il se bloque et laisse Adrien filer son narratif. Haydée de l'autre coté, est bien plus naturelle qu'eux, honnête avec ses relations, franche, ses intentions ne vacillent pas ELLE est morale objectivement(même si Rohmer ne serait pas d'accord), déjà plus qu'Adrien ça c'est sûr. Elle agit comme une force, presque mythique sur Adrien qui se retrouve tester face à ses désirs et à sa soi disant morale, elle sourit, il craque, elle boude, il vient la consoler, elle est confuse, il la veut. Et tout cela sur le compte d'une chose : la beauté et le désir de se l'approprier, thème assumé du métrage au delà de l'hypocrisie révélée des hommes de la maison Adrien cherche à jouer avec elle pour avoir une femme belle et volage dans son jeu dangereux et Haydée le laisse penser ce qu'il veut tout en résistant à la dernière minute : il lui fait croire qu'elle n'est pas son genre tout du long (un odieux mensonge) et on comprend vite que c'est LUI qui n'est pas le genre d'Haydée, même si elle ne le dit pas parce qu'elle n'a rien à prouver contrairement à lui et c'est toute la subtilité du film. Elle vit paisiblement son existence heureuse avec lui là où il interprète chaque signe de gentillesse de sa part comme un acte de désir envers sa personne, tout ça à cause de l'image fausse qu'il s'est crée d'elle. et la scène de fin, quelle trouvaille, Adrien au téléphone pour se rendre à Londres où réside sa petite amie et c'est là où le téléphone devient la boussole morale du film : Haydée téléphonait à ses conquêtes en étant honnête, en sachant qui elle appelait et sans rien dissimuler de sa vie, là où Adrien, après avoir désiré si fort Haydée et proposé de coucher avec elle en trompant sa fiancée, vient prendre ce téléphone en demandant innocemment où il pourrait la rejoindre, son basculement moral est total.


Hitchcock a marché pour que Truffaut puisse courir et Truffaut a couru pour que Tarantino puisse prétendre qu'il ne s'est pas inspiré de ce film pour faire Kill Bill Jeanne Moreau je t'aimerai pour toujours 🖤