Brazil
Bureaucratie, procédures et histoire d'amour...
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*Il y a des passages vraiment drôles dans le film (où l'on retrouve le scénariste de Monty Python), on rit, et en même temps c'est profondément inquiétant, mais l'équilibre est toujours bien trouvé. La création de cet espace impersonnel, inhumain, et de la société tout autant inhumaine parce que procédurière à l'excès, porte tout le film. Et il y a des choses intéressantes sur le besoin social de reconnaissance, sur la place de l'individu dans ce qui s'impose comme une totali(tari)sation du monde administré, qui n'admet plus aucune déviance, qui tend à l'uniformisation - consentie par la plupart et par Sam Lowry lui-même, avant de tomber amoureux. A ce titre, l'amour est présenté comme un élément subversif, révolutionnaire : il y a une force de résistance utopique dans la passion amoureuse et le couple semble s'imposer effectivement comme une possible cellule d'humanité au sein de l'Universel inhumain*. (Je n'arrive pas à dissocier le film de ma lecture d'Adorno en fait, j'ai l'impression que c'est précisément ce qu'il décrit). Le statut ambivalent du rêve est aussi extrêmement riche, entre sa puissance de dessillement, son statut d'espace d'échappatoire par excellence et tout à la fois son évanescente vanité.
Bref, y'a tout pour me plaire dans ce film. Et en même temps je sais pas si j'ai aimé. Littéralement, je ne sais pas quoi en penser 4 jours plus tard. C'est une expérience assez particulière, à vivre en salle plus que devant un ordinateur. Pas déplaisante en soi, mais particulière. (En plus le thème musical reste en tête et ne permet donc jamais de s'en sortir...)