Fireworks
C’est bon Kitano, tu as gagné je pleure à grosses larmes.
Le récit arrive à être doux, tragique, poétique, bouleversant, drôle, violent… j’ai l’impression que l’intégralité des adjectifs seraient appropriés tant le film traverse toute la palette des émotions, sans jamais perdre son harmonie et son rythme. Je n’ai juste pas les mots pour décrire ça. Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas été aussi ému, juste wow. Kitano joue tout le long avec les attentes du spectateur, il surprend toujours dans ses choix de cadre et de mise en scène, par ses transitions, par son usage du son. Mais tout est parfait en réalité : ce thème assassin, par Joe Hisaishi (ça ne devrait pas être autorisé de composer des choses aussi déchirantes) ; le montage ; le récit par petites touches qui vient compléter la scène traumatique (à l’image des peintures en pointillés de Horibe) ; l’enchâssement des deux tragédies et les parallèles entre les vies brisées (par la blessure de l’un, la maladie de la femme de l’autre) ; la parcimonie et le contrôle parfait des dialogues, de ce qui se dit, qui laisse le spectateur se concentrer sur la composition du cadre, sur ces plans fixes qui sont autant de photos magnifiques ; la scène finale et ses deux seuls mots terribles (arigato ; gomenne) pour ne plus se concentrer que sur la fille au cerf-volant (projection de leur enfant perdue), sur ces deux êtres sur le point d’être séparés et sur l’étendue immense et ondoyante de la mer japonaise. Comment ne pas pleurer devant l’intimité, physique pour la première fois du film, des deux personnages et ce fichu thème qui revient.
Surtout, mon dieu, la tendresse et la douceur infinie de cet amour, dans ses derniers instants, où la caméra s’attarde sur les petites scènes de bonheur et sur l’intimité absolument déchirante de ces deux amoureux en sursis devant la justice et la maladie. Tout le film tient en fait dans une réplique assez anodine qui arrive dans la seconde moitié du film :
Pourquoi vous leur donnez de l’eau ? Elles sont fanées. Ça ne sert à rien d’arroser des fleurs mortes !
Bien sûr que si, semble répondre Kitano, avant de mettre un gros poing dans la gueule de son personnage (#mérité).