There Will Be Blood
Bah c’est un gros oui, hein. Le film est hyper haletant, ça se joue pas mal par la musique qu’on oublie un peu mais qui est toujours présente en fond et qui émerge totalement dans l’ambiance noire du film. Et puis bon, les images sont assez folles - le pétrole en feu, mon dieu. Mais ce qui m’a vraiment marqué en fait c’est le rapport à la parole : dès le début on est averti, la parole ne sera pas proférée pour ne rien dire et PTA choisit d’ouvrir son film sur une longue séance (je dirais bien 10 minutes) de pur silence ; la question de la parole est évidemment centrale dans la perte de voix de H. W, qui le condamne d’emblée dans un métier qui s’exerce d’abord avec les mots, pour exproprier les paysans arriérés de leurs terres / enfin, et c’est sans doute la plus impressionnante, la parole divine de Eli, petit pasteur de village avide de pouvoir, qui tout autant que celle de l’entrepreneur (sinon plus) semble exercer une emprise totale sur ses ouailles et fait émerger une concurrence de l’Église et du Forage.
Bref, je suis content parce que j’ai l’impression que c’est le premier très bon film de PTA que je vois (Licorice Pizza restera à jamais une de mes plus grosses déceptions) et ça me donne très envie de voir Magnolia bientôt.