

Je trouve que les 30 dernières minutes viennent vraiment rehausser tout le film. Le début m’a moins captivé sans pour autant être mauvais. Madeline et Helen sont véritablement au centre du récit : malgré l’objectification des femmes, qui se ressent énormément dans les dialogues comme dans la mise en scène, ce sont elles qui dirigent l’histoire. Ernest devient finalement l’objet de leurs désirs, de leurs manipulations et de leurs vengeances. Tout le film repose sur cette amitié toxique. On suit donc des personnages complètement obnubilés par leur apparence physique, en quête perpétuelle de validation. Le fait que Madeline soit actrice renforce encore cette dépendance à l’image et à la beauté. Ça illustre évidemment les attentes, très assumées à l’époque, envers les femmes et la perfection qu’elles devaient incarner. D’une certaine manière, ça m’a fait penser à The Substance, qui reprend plusieurs schémas de ce film : la potion, le cercle élitiste qui prône la beauté à travers la jeunesse et, au centre, une femme prête à tout perdre pour garder le contrôle sur ses attraits. Au niveau des effets spéciaux, c’est plus que moyen : ça a mal vieilli, et le comique apporté à ces scènes ne m’a pas vraiment saisi. À l’exception de celle où le personnage de Goldie Hawn se retrouve avec un trou dans le ventre. J’avais justement vu beaucoup de vidéos sur cette fameuse scène, et la découvrir dans le film confirme pourquoi elle est autant reprise. Goldie Hawn et Meryl Streep se donnent extrêmement bien la réplique : leur duo fonctionne et captive. Mais la présence de Bruce Willis reste essentielle. Il joue un personnage d’abord complètement manipulable, perdu et ridicule, ce qui apporte une bonne partie du comique du film.

Le premier est mon film guilty pleasure et je ne suis pas déçue du second. J’avais trop peur que la suite soit simplement du fan service et qu’elle n’apporte rien de nouveau, mais ce n’était pas le cas. L’histoire construit une suite logique avec le fait qu’il y ait un écart d’une vingtaine d’années entre les deux récits. D’abord avec l’évolution de l’industrie de la mode : la haute couture, les magazines de mode papier et le journalisme perdent en popularité et en influence face aux marques de luxe, aux réseaux sociaux et aux influenceurs qui dictent les tendances. Dans tout ça, l’utilisation et la place de l’IA sont abordées : une critique satirique de son pouvoir et de la dure réalité de son omniprésence, prenant le dessus sur l’art et la créativité humaine. Le personnage de Miranda vient appuyer ces points avec un point de vue issu d’une génération qui a connu un tout autre monde et qui se veut parfois nostalgique de ce qui n’est plus ou des changements de notre société. Je l’ai trouvée touchante, bien plus que dans le premier film où ce qui prédominait était sa froideur et la rigidité de son caractère. J’ai noté que beaucoup de monde semblait nostalgique de sa cruauté, qui donnait évidemment des quotes iconiques. Je pense que c’est ce qui a construit le premier film, mais encore une fois, le changement est logique : on entre dans une époque où les comportements et remarques qu’elle pouvait avoir ne sont plus acceptables. Et c’est là que le personnage de Simone Ashley entre en scène (déjà, qu’est-ce qu’elle est iconique) qui vient encadrer Miranda. Le retour de Nigel, toujours aussi touchant, ainsi que celui du duo Andrea/Emily, est très satisfaisant. Pareillement pour tous les personnages qu’on a connus dans le premier film : leur évolution est compréhensible sans, je trouve, nous empêcher de reconnaître qui ils étaient auparavant. Concernant le plot, je n’ai pas compris le choix de la love story entre Andrea et ce monsieur dans l’immobilier. Premièrement, l’alchimie ne fonctionne pas et, deuxièmement, je trouve que son personnage s’oublie très vite quand il n’est pas à l’écran. Le cheminement d’Andrea dans sa vie professionnelle et dans le développement de ses relations amicales aurait été suffisant. La colorimétrie n’est pas excellente, je la trouve plus terne, et ce n’est pas la brillance de certaines tenues qui vient la relever. Le rythme est moins prenant que dans le premier film. Les scènes d’allers-retours en Italie (bien que satisfaisantes) se rapprochent plus d’un edit qu’autre chose. Ici, le rythme est intéressant par moments, mais certaines scènes s’étirent trop à mon goût. Enfin, concernant le fan service, c’était une évidence et MERCI : c’était satisfaisant, j’ai adoré replonger dans cet univers.

Encore un film où Charlize Theron encaisse plus que de raison
