Bones and All
Alors je m’attendais à quelque chose de gore, mais j’avoue avoir été surprise par l’écart entre la promotion du film et son côté très assumé dans la manière d’aborder le cannibalisme.
Luca Guadagnino maîtrise complètement les histoires d’amour tragiques, dont on ne sait jamais vraiment dire si elles sont belles ou repoussantes.
Le rapport au corps et à la nudité est assumé et nécessaire pour traiter ce sujet, ce qui m’a rappelé Grave de Julia Ducournau.
Les plans, souvent centrés sur des scènes particulièrement dérangeantes, mêlent l’utilisation des sens avec justesse : c’est brut, visible, sans jamais tomber dans une violence gratuite.
Les acteurs sont très bien choisis. La manière dont ils se “sentent”, s’apprivoisent, nous fait entrer au plus près de leur expérience.
Les personnages secondaires ont tous une histoire (peut-être pas complètement exploitée) mais bien présente, ce qui ajoute du sens et des étapes à la longue quête de Maren. Je regrette peut-être de ne pas en savoir plus sur l’aspect héréditaire de ce “trait”. Est-ce un choix pour rester au plus proche de personnages eux-mêmes démunis ?
La musicalité, les bruits des corps, des respirations créent et complètent le décor visuel.
J’ai quand même eu du mal à rester dedans : je l’ai trouvé un peu long, et je pense que le dégoût m’a fait décrocher à plusieurs reprises