Vivarium
"Le 9 n'est pas qu'une simple maison, c'est une maison pour toujours" et Vivarium n'est pas qu'un film, c'est clairement l'un des meilleurs films de tous les temps.
La réalisation et le scénario sont juste exceptionnels, le décor aussi, c'est hallucinant. Le message qu'on lit à travers ce film est fou, il montre une facette de la société complètement différente de ce qu'on a l'habitude de voir.Beaucoup rêvent de fonder une famille, d'avoir leur maison et de faire leur vie, mais ce rêve peut également tourner au cauchemar, et c'est clairement ce que montre Vivarium, avec un couple qui cherche à s'installer et qui tombe sur une agence pas comme les autres. Ils vont, sans s'en rendre compte, se retrouver piégés, pourtant les éléments suspects étaient là, comme l'agent immobilier un peu louche, le quartier sans habitants et la chambre d'enfant dans la maison déjà aux couleurs d'un futur garçon. Malheureusement, ils seront condamnés à vivre dans ce quartier pour le restant de leurs jours.D'un jour à l'autre, un bébé va apparaître devant leur porte et, pour être libres, il faudra l'éduquer. Mais la liberté, dans ce film, n'est pas de pouvoir revivre normalement, mais la mort. Ça montre aussi que dans un couple, un enfant est signe d'un aller sans retour (à part pour les encvles qui lâchent leurs enfants), et qu'à partir de ce moment, il n'y a pas d'autre solution que de s'en occuper ou d'abandonner. Deux visions par rapport à l'éducation de l'enfant sont mises en lumière, avec Tom, qui en peut plus, qui veut même tuer l'enfant car après tout, il ne leur appartient pas — enfin, il ne l'a pas fait avec sa femme — et d'un autre côté, Gemma, qui a l'instinct maternel et qui veut protéger l'enfant, s'en occupe, mais tout en lui rappelant qu'elle n'est pas sa mère...
On voit aussi l'enfant qui chouine, qui fait des caprices, qui répète ce que les parents disent, qui refuse d'éteindre la télé sous peine de crier sans s'arrêter, télé qui, d'ailleurs, ne diffuse rien et qui affiche un écran un peu délirant, comme une hypnose dans le sens où la télé n'a rien de bon pour les enfants et que généralement elle ne montre rien d'éducatif mais sert d'hypnose. Le réalisateur dit clairement aux spectateurs : "Vous idéalisez une vie mais qui ne fait pas rêver, finalement". Alors attention, avoir des enfants, une vie de famille, ce n'est pas l'enfer, mais il faut toujours veiller à être prêt et ne pas considérer ça comme un jeu...
La deuxième thématique dans ce film est celle du remplacement, que je trouve ouf sincèrement parce que c'est un peu une triste réalité et on sera tous confrontés au remplacement un jour dans nos vies. La première chose qui met en lumière cela, c'est la phrase "une mère prépare son fils au monde, ensuite elle meurt". La dinguerie du truc, pourquoi cette phrase est incroyable et sadique ? Parce qu'elle est vraie, la maman va éduquer son enfant de l'âge enfant à l'âge adulte, et après elle meurt, soit par la mort en elle-même, soit juste qu'elle meurt dans le sens où elle n'a plus rien à faire, plus rien à apprendre, et que c'est au fils ou à la fille de prendre son envol et devenir parent à son tour. Le film le montre super bien de toute façon : au départ, Gemma est une femme hyper heureuse, comblée dans sa vie, et sa chute au moment où le gosse arrive est d'un dramatique sérieux. On voit qu'elle est dépitée, qu'elle ne vit que pour lui, allant même à imiter les aboiements d'un chien pour montrer à quel point elle est devenue folle et que sa relation avec Tom est finie.Elle regrettera même de pas avoir laisser Tom tuer l'enfant et finalement elle finira par trouver la mort.Tom, lui, cherche à creuser pour s'enfuir, donc il passera ses jours à travailler, sans plus du tout partager de moments avec Gemma. Mais il a beau creuser, il n'avance pas et se rendra même compte que c'est fichu au moment où il voit un cadavre enterré avant. Au final, il ne creusait que sa propre tombe.
L'autre facette du remplacement est au moment où l'adulte Martin remplace le vieux Martin, synonyme du remplacement au travail. Par exemple, au départ à la retraite, on a un jeune qui prend notre place, ou même une vieille personne peut se faire dégager au profit d'une personne plus jeune qu'elle.
En soi, le cycle de la vie est bien représenté dans Vivarium. L'enfant est peut-être perçu comme un démon, mais ce n'est qu'une métaphore, au final. Le décor est fou, on est en immersion avec Gemma et Tom. La phase entre la joie et le désespoir est bien représentée, le dialogue est hyper clair et précis.
La performance d'Imogen Poots est immense et je pèse mes mots, mais sortons un peu de ce monde de bisounours et comprenons que la vie est cruelle parfois, et qu'elle est un cycle qui continue toujours sans s'arrêter, avec ou sans nous.
10/10, ce film est parfait. Merci Lyndoush de m'avoir présenté ce film.