Moonlight
Par où commencer? Quel film magnifique, profond, authentique. Le développement d’un jeune garçon tourmenté par ce que la société attend de lui alors qu’on ne peut qu’assister à cette épreuve de sa vie, impuissant derrière l’écran. On souhaite son bonheur, que ses difficultés se résolvent, qu’il découvre qui il est, mais parfois on ne se délaisse pas de ce qui nous tire vers le bas.
Running around, catching up all that light. In moonlight, black boys look blue.
Parlons du bleu. Cette couleur, symbole oppressant de masculinisme, mais aussi de tristesse, omniprésente tout au long du film, guette Chiron au fil de sa vie dans une cinématographie autant plaisante visuellement que parlante et chargée en émotions. Chaque plan de caméra permet de faire parler la scène sans que les personnages n’aient à dire un mot. Certains d’entres eux, démunis de bleu, offre un bref moment de répis pour le personnage principal alors qu’il peut exister réellement, l’espace d’un instant. Courte période éphémère rapidement interrompue par le bleu, toujours présent pour rappeler à Chiron ce que les gens attendent de lui. Rares sont les moments heureux dans ce film. Les scènes à la plage me viennent à l’esprit. Ce lieu, symbole de calme et d’isolement, revient à trois reprises au courant des trois étapes de vie de Chiron. Les dialogues emplis de vérités profondes et de révélations pour le garçon sont sans aucun doute mes moments favoris de ce film. On y voit l’importance d’avoir des modèles en qui se projeter et l’influence que les personnes proches de nous peuvent avoir sur nos vies.
Ce film gardera une place spéciale dans mon cœur pour sa représentation de ce qu’est la vie et des pressions sociales qui façonnent qui nous sommes et ce que nous deviendrons.