Alter Ego
Alter Ego met en scène Laurent Laffite dans le rôle d’Alex, un Français moyen (province, résidence pavillonnaire, emploi dans la principale société de la région, un enfant), et dans celui d’Axel, son nouveau voisin qui est tout simplement lui en mieux. Alex y projette une ressemblance physique que personne d’autre ne voit, tandis qu’Axel incarne une projection sociale de la réussite à la française : cheveux impeccables, belle voiture, réussite professionnelle, femme séduisante, discipline sportive, morale apparente.
La mise en scène est très cohérente et efficace dans ce choix de mystifier l’un et de ridiculiser l’autre, notamment par le travail de la lumière, des cadres, des mouvements de caméra et des zooms. La bascule après la forêt marque un véritable changement de ton : les couleurs deviennent froides, l’image plus oppressante, et le film glisse vers le thriller psychologique. Ce qui était idéalisé se fissure, même si cette révélation passe davantage par le dialogue que par une construction visuelle progressive.
Le film fonctionne ainsi comme une satire sociale efficace sur la comparaison et la réussite, sans aller jusqu’à bouleverser profondément. Il fait d’abord rire d’Alex, avant de montrer que l’idéal qu’il poursuit est fragile et en partie mensonger.
#en salle