Mars Express
Dans un futur où humains et robots cohabitent sans égalité, Mars Express explore la frontière de plus en plus floue entre les deux. Les robots obéissent, ne peuvent blesser ni désobéir, tandis que les humains s’appuient sur eux au point d’en devenir dépendants.
Au centre, Aline et Carlos : une enquêtrice humaine et un partenaire robot “sauvegardé”, ancien humain répliqué sous forme numérique. Leur duo illustre bien la complémentarité entre chair et machine : Carlos partage à Aline sa vision thermique, tandis qu’elle lui fait profiter de son odorat, révélant jusque dans les sens cette complémentarité entre les deux.
Le film dresse aussi un portrait sombre d’une société capitaliste : exploitation des robots, marchandisation de la mémoire, effacement des consciences. La question repose sur la valeur que l’on accorde à ce qui nous entoure, comme ces humains qui préfèrent une compagne robot, jugée plus docile qu'une humaine. Certains robots développent même humour, désir ou curiosité sexuelle.
Côté forme, l’animation donne toute sa force au récit. Elle rend crédible ce futur hybride, à mi-chemin entre le réel et le numérique. Les décors sont vastes, pleins de détails, mais filmés de façon resserrée, parfois à la première personne, brouillant la frontière entre regard humain et artificiel. Le rythme alterne entre scènes d’action intenses et moments de calme, en particulier autour de l’exploration spatiale, où s’installe une forme de mélancolie.