Blue
Si vous n’avez jamais été fumeur et fan de My Bloody Valentine dans votre jeunesse, vous avez raté votre vie.
Adapté d’un yuri, Blue raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes : Kirishima, très timide et vivant dans sa bulle, et Endo, plus fantasque et assurée. Synopsis sous toute assez classique.
Le film se différencie des autres coming-of-age japonais de par sa mise en scène beaucoup plus sobre et plus naturaliste. Il a un rythme extrêmement lent qui permet aux nombreux silences du film de mieux appréhender la relation entre Kirishima et Endo.
Cette relation est faite de nombreux non-dits, d’autant plus que nos deux protagonistes ne se racontent pas tout. Néanmoins, on sent que leur amour est réellement sincère.
J’apprécie également la manière assez subtile dont Blue évoque le patriarcat. Un violeur et un pointeur sont en effet les principaux obstacles à l’amour de nos deux adolescentes. L’œuvre ne va pas aussi loin que Shōjo Kakumei Utena mais Hiroshi Ando, qui a travaillé dans l’industrie pornographique, invite à nous méfier des hommes.
La scène sur la plage où Kirishima révèle son amour à Endo est magnifique. De même, les quinze dernières minutes du film sont extrêmement touchantes et enfin les deux adolescentes sont réellement honnêtes l’une envers l’autre.
On comprend dans la dernière scène que la vie va les pousser dans des directions opposées. Probablement même, elles finiront par se marier à un homme. Pourtant, elles se seront réellement aimées toutes les deux et cela elles ne l’oublieront jamais.
Blue a ce côté doomed yuri et amour impossible qui fait que l’œuvre manque un peu de folie hormis à la toute fin. Cependant, Blue réussit tout en étant très simple à avoir un message universel sur l’amour et l’adolescence.
Si vous n’avez pas été au bord des larmes à l’issue de ce film, vous n’avez pas de cœur ou vous êtes homophobes. Ou probablement les deux…