Samuel
Comment décrire “Samuel”?
Les arrêts de bus, les mardis sous la pluie, les parties d’éperviers ou les échanges entre collectionneurs avides de feuilles Diddl ou de cartes Pokémon ; ces moments anodins qui unifient les générations, les unes après les autres, autour de repères partagés et résonnent en nous avec nostalgie. La première fois où l’on sent son cœur battre au sourire d’un autre et où l’on se dit “ouah… c’est donc ça l’amour?”; la colère immense, frustrante, envers nous même ou notre environnement, qui nous engloutit et des sentiments puérils qui éclosent qu’on le veuille ou non… Tant d’émotions humaines et universelles permettant à n’importe qui de se reconnaître dans le ce jeune garçon . En une allégorie des tourmentes du cœur humain, Samuel est nous, autant que nous sommes Samuel.
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*On ne peut qu’admirer la justesse avec laquelle la créatrice retranscrit les pensées du jeune garçon, certaines lignes se démarquant par leur honnêteté brutale : "t'sais la journée elle est pas chiante c'est juste toi" ; “En fait j’aime pas grandir parce que depuis que je suis né je me trouve génial, et maintenant je suis pas sur si c’est vrai”; phrase qui m’amena au bord des larmes par sa résonance personnelle. Finalement les fioritures littéraires les plus raffinées palissent face aux paroles d’un enfant pour retranscrire la vérité nue des émotions humaines. Samuel n’est pas seulement une série : c’est une capsule de moments nimbés de l’innocente sagesse de l’enfance.
La musique quant à elle est centrale à l'œuvre ainsi qu’à la vie de Samuel, et parfaitement choisie. En symbiose avec l’animation, les notes de “The Winner Takes It All” d' Abba ou “Iris” de Wim Mertens se lèvent pour danser avec les personnages et amènent le spectateur tour à tour à rire ou à pleurer.
Samuel c’est une animation qui vibre comme une musique sincère, parfois amusante, toujours empreinte de la fraîcheur de l’enfance. Porté par un dessin voulu simple, cette série formidable possède un pouvoir unificateur et met le baume au cœur.
#2020s