En écoutant ce documentaire je me suis souvenu d'une video que j'avais vu en ligne. Où un jeune homme en situation de précarité aux états-unis cherchait du travail en bord de route. Et au lieu d'apporter de la compassion, les commentaires étaient remplis de gens comparant les “bons” sans-abri latinos aux “mauvais” sans-abris blancs qui ne faisaient rien de leur journée et dépensaient leur argent en alcool et en drogue. C'était désolant de voir que ce sentiment là était partagé et personne n'était offusqué par les commentaires.
Comme si ca venait rassurer les spectateurs de pouvoir faire une distinction entre le bon et le mauvais SDF. Celui qui est victime d'une injustice manifeste et qui malgré les coups du sort, reste battant et fait tout ce qu'il peut pour s'en sortir et celui qui mérite sa condition de sans abri puisqu'il attend juste de recevoir la pièce qu'un badaud viendrait lui déposer dans la main.
Marginalisant ainsi encore plus par nos jugements une population qui l'est déjà énormément. Par cette opposition, on se rassure nous-même puisque si la position des sans-abris est lié au mérite alors il n'y a aucune raison pour qu'on se retrouve dans le même cas. Mais C'est là que le bât blesse, l'itinérance n'est pas un problème individuel mais un échec collectif de notre société tout entière qui n'offre aucune solutions concrètes aux personnes à qui il arrive des malheurs.
Je pense que c'est beaucoup plus facile d'infantiliser les personnes en itinérances que de prendre conscience des failles béantes qui gangrènent notre système. Parce que oui, n'importe laquelle des ces personnes qui se permet un jugement de valeur est beaucoup plus proche de la situation du sans-abri que de celle d'un multi-millionaire. Rejeter un SDF, c'est un moyen de nous rassurer, pour nous dire que l'on ne finira jamais comme eux, puisque c'est de leur faute, en tant qu'individus, s'ils en sont arrivés là.
Réaliser que c'est la faute du sytème c'est avouer qu'on pourrait tout aussi bien en être victime, donc on préfère se réfugier derrière nos jugements moraux sans réellement saisir le problème.
C’est affligeant de voir que la situation des premières nations au Québec ne s’est pas réellement amélioré depuis le tournage de ce film.
À voir sur le site de l'ONF :
www.onf.ca/film/sans_adresse/