Fiche d’analyse film O Que É Isso, Companheiro ? /4 jours en septembre de Bruno Barreto1. Contexte international, national et historique du film Contexte international : Fin des années 1990, contexte post–guerre froide où l’Amérique latine reconsidère son rapport aux dictatures militaires et aux ingérences étrangères (notamment américaines). Le film revient sur un épisode clé de 1969 : l’enlèvement de l’ambassadeur des États-Unis au Brésil par des guérilleros, à une époque de tensions mondiales (guerre du Vietnam, contestations étudiantes), et de croissance du terrorisme urbain. • Contexte national : Tourné en 1997, juste après la réouverture démocratique du Brésil. Le film émerge dans un pays où le débat sur la mémoire de la dictature est vif et où l’amnistie des crimes politiques fait encore controverse. Sa sortie coïncide avec une période de redécouverte (et de révision critique) du passé autoritaire, de la résistance, et du rôle des États-Unis en Amérique latine. • Contexte historique représenté : L’action principale se situe en septembre 1969 pendant la dictature militaire brésilienne (1964–1985). Le film raconte le célèbre enlèvement de Charles Burke Elbrick par le MR8 et l’ALN pour exiger la libération de 15 prisonniers politiques. Ce fait divers se double d’une réflexion sur les moyens de lutte contre la dictature, la radicalisation de la jeunesse, et le rôle des médias comme arme idéologique. MR8 car 8 octobre, en hommage à la mort du Che. =>il a impacté la politique américaine et la gauche => on se défait de Mao idéologiquement. CF Hello Cubans de Varda2. Situation et dilemme présentés aux personnagesLes personnages centraux (Fernando, Cesar, etc.) sont plongés dans le choix tragique entre résistance armée risquée et soumission à une dictature violente. Le dilemme se cristallise autour de la question : jusqu’où aller pour défendre ses idéaux ? Le séquestre de l’ambassadeur met en scène le combat entre le collectif militant (loyauté, camaraderie) et les dilemmes éthiques : donner la mort, risquer la vie d’innocents, subir la torture ou la trahison. La pédagogie du film s’exprime : il invite le spectateur à mesurer la violence des deux camps et à comprendre l’héroïsme comme un chemin ambigu, parfois tragique.3. Agents sociaux et rapports de classe, race, genreLes jeunes guérilleros incarnent la petite-bourgeoisie intellectuelle urbaine contestataire, confrontée aux représentants du pouvoir militaire (policiers, tortionnaires). Le diplomate américain représente l’ingérence étrangère et la figure du « colonisateur ». Le genre masculin domine l’action, mais la présence de femmes militantes (notamment Lucia) rompt partiellement le stéréotype : elles sont à la fois stratèges, actrices du conflit, et victimes potentielles de la violence sexiste. Les rapports entre classe dominante (militaires, élite politique) et subalternes (jeunes, étudiants, classe moyenne) sont constamment tendus. Le film interroge la vision de Soi (la jeunesse résistante, idéaliste mais parfois désabusée) et de l’Autre (le militaire, l’Américain, la société indifférente). Évolution des personnages : du radicalisme naïf à la prise de conscience de la trajectoire tragique. 4. Genre cinématographique et ses codesLe film combine les genres du thriller politique (histoire de kidnapping, tension, négociation) et du film historique à dimension autobiographique (inspiration du livre de Fernando Gabeira). Il recourt aux codes du récit d’action (coup de feu, poursuite, planification) mais aussi à la reconstitution réaliste (stock-shots, décors urbains du Rio de Janeiro de 1969). La tension vient moins d’un affrontement armé que du suspense psychologique, du huis clos et des dilemmes moraux. 5. Point de vue (POV) qui oriente l’identificationLa narration épouse le regard du protagoniste Fernando (alter ego de Gabeira), souvent hésitant, intelligent mais éprouvé par le doute et la peur. Le spectateur vit les événements à travers ses incertitudes, ses fragilités, ses justifications, mais aussi ses contradictions morales (violence, bravoure, peur). Le POV propose ainsi une entrée empathique, sans glorifier ni diaboliser les actes des révolutionnaires, et invite le public à s’interroger sur le sens de l’engagement politique et ses conséquences. L’identification penche parfois côté militance, parfois côté victime (le diplomate), enrichissant la lecture de l’histoire. 6. Rôle du réalisateur, des acteurs et de l’équipeBruno Barreto signe une mise en scène tendue, rythmée, évitant le sensationnalisme ou le manichéisme. Il rend hommage au livre de Gabeira tout en l’éclairant d’un regard critique, en fusionnant, séparant ou réattribuant certains rôles historiques. Alan Arkin (Elbrick) et Pedro Cardoso (Fernando) incarnent avec sobriété et humanité des personnages complexes, jamais caricaturaux. Le script de Leopoldo Serran privilégie l'ambivalence psychologique, le dialogue vrai, la construction de figures de militance et d'antagonisme nuancées. La lumière, les costumes, la musique (nostalgie vibrant d’une époque de tension) participent de la construction émotionnelle et idéologique : on ressent autant qu’on comprend. 7. Grammaire cinématographique et symbolique (images, sons, tropes)• Images : Plans rapprochés sur les visages, signifiant à la fois la détresse, la réflexion intérieure, le tumulte moral. Stock-shots d’archives mêlés aux scènes reconstituées pour ancrer l’action dans l’histoire réelle. • Sons : Musique d’époque, sons urbains, silences pesants lors des négociations – renforcent le climat d’angoisse et de tension. Passage du bruit à la musique mélancolique pour symboliser l’échec, le désenchantement.• Symboles : Le drapeau américain, la prison, la radio pirate, la lettre au public (diffusée par le MR8 à la société brésilienne), le regard du diplomate américain sur ses ravisseurs, le portrait du jeune tortionnaire confronté à sa propre culpabilité et à la peur de sa compagne. Ces éléments participent à la dramaturgie, relèvent la dimension de « film-mémoire » et de questionnement démocratique.Conclusion :Ce film opère en même temps comme outil de mémoire et comme arme idéologique. Il interroge le sens de la résistance, critique la construction héroïque du militantisme et donne accès à une histoire du Brésil dans ses zones d’ombre. Sa force réside dans sa capacité à conjuguer tension dramatique, ambiguïté morale, et pédagogie du souvenir, sans sacrifier la complexité humaine des protagonistes ni l’impact émotionnel du récit.
Prise de note durant le visionnage
quote
Brésil, Rio.1964 : gouvernement brésilien est renversé1968 : plus de liberté de presse et de droits individuels
(Plans de révoltes populaires)(Plans d’Armstrong) Ça amène une critique des USA par des communistes brésiliens. Guerre froide. « Un écran de fumée pour la branlée qu’on a pris au Vietnam » disent les étatsuniens.
3 potes brésiliens communistes (poster du Che) veulent rejoindre la lutte contre l’extrême droite.L’un de veut rejoindre la lutte armée.Les autres veulent une lutte politique. Le groupe se divise donc : 2 pour la lutte armée, 1 pour la lutte politique
Les deux rejoignent un groupe de révolutionnaires.Ils changent tous leurs nomsC’est une femme qui mène le groupe (camarade Maria). Ils forment le MR8, organisation contre la dictature militaire brésilienneIls apprennent à manier des armes
Action armée dans une banque, non violente juste pour faire entendre leur voix. L’un deux se fait tirer dessus et est arrêté. -> le MR-8, et se financent par une « libération de fonds », c'est-à-dire un braquage de banque, afin de préparer un grand coupCamarade Paolo avoue qu’il le connait, c’est son ami (César). C’est une règle qu’il transgresse. Normalement, personne ne se connait.
Oswaldo (César) se fait torturer pour parler. Il crache tout
L’idée de kidnapper un ambassadeur arrive dans les paroles du MR8. Pour faire entendre leur voix. Ca pourrait aussi forcer la libération des camarades.
Maria du MR8 veut devenir domestique de l’ambassadeur. Elle comprend que c’est compliqué et très sécurisé. Elle doit « séduire » le chef de la sécurité.
Paolo et les autres reçoivent la visite de deux camarades du FLN de Sao Paulo (ALN = Ação Libertadora Nacional). Parmi l’un deux, un prend les rênes du mouvement à la place de Maria. Paolo est exclu d’une action armée car il ne sait pas tirer. Le Camarade Jonas ne veut pas de lui. Pourtant c’est Paolo qui est à l’origine de l’idée de cette action.
4 septembre 1969 : retrait étasunien dans la guerre du Vietnam. C’est aussi le jour du projet de l’enlèvement de l’ambassadeur.Une femme appelle la police car elle soupçonne des choses suspectes. La police dit que tout semble en ordre et dit ne rien vouloir faire.L’ambassadeur quitte l’ambassade. Son chef de la sécurité n’est pas présent à cause des trains en retard. La limousine quitte l’ambassade. Maria donne le signal. Maria derrière en voiture, les autres devant en voiture.L’embuscade fonctionne.La femme rappelle la police.
Les membres du MR8 avec leur ambassadeur arrive à leur nouveau fief. L’ambassadeur des USA vient de se faire kidnapper par le MR8Les infos parlent du kidnapping de Charles Burke ElbrickLe MR8 et le FLN veulent un échange : l’ambassadeur contre 15 révolutionnaires emprisonnés.
On suit un couple. La femme apprend que son mari (Enrique) est dans les services secrets. Et qu’il torture des gens.Il se justifie en parlant de l’antiterrorisme. Maccarthysme.
Paolo est félicité pour ses écrits. Il est nul à la guerre mais bon sur les écrits.
Un ami de Paolo – qui le connait que sous son vrai nom, le critique pour son engagement armé.
5 septembre 1969. Un jour après le kidnapping.L’ambassadeur ne crache rien au groupe. Il dit qu’il ne sait rien. Le groupe lui dit qu’il se fera tuer si les révolutionnaires ne seront pas libérés
Les camarades dressent la liste des révolutionnaires à libérer parmi lesquels Oswaldo
Un rôtisseur trouve l’attitude d’un des révolutionnaires suspectes avec toutes ses liasses (camarade Julio). Il appelle alors la police. Les services américains sont dans un dilemme : laisser mourir l’ambassadeur ou libérer des prisonniers ce qui pourrait motiver à refaire la même chose indéfiniment : kidnapper pour permettre des libérations.
Paolo dépose dans une église la liste des révolutionnaires à libérer.
Jonas dit à Julio qu’il ne sera pas missionné pour tuer l’ambassadeur, il donnera la tâche à Paolo pour voir s’il est capable d’un tel acte
L’ambassadeur commence à avoir un syndrome de Stockholm avec les révolutionnaires. Ils ont des débats philosophiques, idéologiques. L’une des révolutionnaires lui lave son linge. Il a droit d’écrire des lettres à sa femme. Il a des débats d’idées avec Paolo. Paolo parle souvent des Black Panthers.
6 septembre 1969Madame Elbrick reçoit la lettre de son mari
Le groupe commence à suspecter des gens d’entourer la villa. Ils ne croient si bien dire.Ceux qu’ils suspectent les appellent. Le groupe s’organise pour faire face. Les deux agents secrets ont reconnu le groupe. Ils voient aussi qu’ils se font suivre. Les agents secrets savent donc où ils sont.
C’est le jour de l’expiration de la négociation.Paolo apprend qu’il est missionné pour tuer l’ambassadeur« Le moment est venu et je sais que tu mettras en pratique tes discours » dit Jonas.
Maria (Andréa) avoue à Paolo qu’elle connait son nom (Fernando) et qu’elle connait ses discours et qu’elle l’aime depuis.
Paolo s’apprête à tuer l’ambassadeur. Mais le groupe a gagné. Les négociations tournent en leur faveur, les révolutionnaires de la liste sont libérés.
7 septembre 1969, jour de la fête d’indépendanceAux informations : information sur la libération des révolutionnairesLe groupe est donc heureuxL’ambassadeur va donc être libéré
Le groupe sort de la villa en voiture avec l’ambassadeurIls sont suivis par la police et les agents secretsLa police stoppe les agents secrets pour ne pas mettre en péril la vie de l’ambassadeurUn hélicoptère est aussi missionné
Le groupe profite de la foule crée par le match de foot Corinthians vs Vasco de Gama pour sortirL’ambassadeur est lâché dans la fouleL’ambassadeur est de retour à l’ambassade
Un mois plus tardLes agents secrets viennent à la villa du groupeÉvidemment, ils ne sont plus làIls trouvent un journal troué qui contient un code
Il y a des affiches sur les révolutionnaires – dits terroristes dans tout le pays.
Paolo est insatisfait car le mouvement n’a pas eu tant d’impact.
Le film se termine par l’assaut visant Maria et Polo, retrouvé à cause du journal. Paolo est torturé.
Huit mois plus tardMaria est en vie.L’ambassadeur allemand a été libéréPaolo aussi. Le groupe est quasiment complet. Le film se termine en 1974 quand la junte brésilienne, sous la pression de l'enlèvement de l'ambassadeur d'Allemagne, se décide à libérer le groupe : Maria, en voix hors champ, espère que Paulo fera partie des libérés. Ils se retrouvent à l'aéroport militaire d'où un avion va les emmener en Algérie, alors refuge des mouvements révolutionnaires. Toledo et Jonas sont morts, Maria, brisée par les mauvais traitements, est clouée sur sa chaise roulante et incapable de lever le poing avec Paulo et ses autres compagnons, et il faudra encore attendre plusieurs années la fin de la dictature.
Photographie du groupe à l’aéroport.
1979 amnistie générale pour les crimes politiques1989 élections libres et démocratie de retour au Brésil
Fiche d’analyse film O Que É Isso, Companheiro ? /4 jours en septembre de Bruno Barreto1. Contexte international, national et historique du film Contexte international : Fin des années 1990, contexte post–guerre froide où l’Amérique latine reconsidère son rapport aux dictatures militaires et aux ingérences étrangères (notamment américaines). Le film revient sur un épisode clé de 1969 : l’enlèvement de l’ambassadeur des États-Unis au Brésil par des guérilleros, à une époque de tensions mondiales (guerre du Vietnam, contestations étudiantes), et de croissance du terrorisme urbain. • Contexte national : Tourné en 1997, juste après la réouverture démocratique du Brésil. Le film émerge dans un pays où le débat sur la mémoire de la dictature est vif et où l’amnistie des crimes politiques fait encore controverse. Sa sortie coïncide avec une période de redécouverte (et de révision critique) du passé autoritaire, de la résistance, et du rôle des États-Unis en Amérique latine. • Contexte historique représenté : L’action principale se situe en septembre 1969 pendant la dictature militaire brésilienne (1964–1985). Le film raconte le célèbre enlèvement de Charles Burke Elbrick par le MR8 et l’ALN pour exiger la libération de 15 prisonniers politiques. Ce fait divers se double d’une réflexion sur les moyens de lutte contre la dictature, la radicalisation de la jeunesse, et le rôle des médias comme arme idéologique. MR8 car 8 octobre, en hommage à la mort du Che. =>il a impacté la politique américaine et la gauche => on se défait de Mao idéologiquement. CF Hello Cubans de Varda2. Situation et dilemme présentés aux personnagesLes personnages centraux (Fernando, Cesar, etc.) sont plongés dans le choix tragique entre résistance armée risquée et soumission à une dictature violente. Le dilemme se cristallise autour de la question : jusqu’où aller pour défendre ses idéaux ? Le séquestre de l’ambassadeur met en scène le combat entre le collectif militant (loyauté, camaraderie) et les dilemmes éthiques : donner la mort, risquer la vie d’innocents, subir la torture ou la trahison. La pédagogie du film s’exprime : il invite le spectateur à mesurer la violence des deux camps et à comprendre l’héroïsme comme un chemin ambigu, parfois tragique.3. Agents sociaux et rapports de classe, race, genreLes jeunes guérilleros incarnent la petite-bourgeoisie intellectuelle urbaine contestataire, confrontée aux représentants du pouvoir militaire (policiers, tortionnaires). Le diplomate américain représente l’ingérence étrangère et la figure du « colonisateur ». Le genre masculin domine l’action, mais la présence de femmes militantes (notamment Lucia) rompt partiellement le stéréotype : elles sont à la fois stratèges, actrices du conflit, et victimes potentielles de la violence sexiste. Les rapports entre classe dominante (militaires, élite politique) et subalternes (jeunes, étudiants, classe moyenne) sont constamment tendus. Le film interroge la vision de Soi (la jeunesse résistante, idéaliste mais parfois désabusée) et de l’Autre (le militaire, l’Américain, la société indifférente). Évolution des personnages : du radicalisme naïf à la prise de conscience de la trajectoire tragique. 4. Genre cinématographique et ses codesLe film combine les genres du thriller politique (histoire de kidnapping, tension, négociation) et du film historique à dimension autobiographique (inspiration du livre de Fernando Gabeira). Il recourt aux codes du récit d’action (coup de feu, poursuite, planification) mais aussi à la reconstitution réaliste (stock-shots, décors urbains du Rio de Janeiro de 1969). La tension vient moins d’un affrontement armé que du suspense psychologique, du huis clos et des dilemmes moraux. 5. Point de vue (POV) qui oriente l’identificationLa narration épouse le regard du protagoniste Fernando (alter ego de Gabeira), souvent hésitant, intelligent mais éprouvé par le doute et la peur. Le spectateur vit les événements à travers ses incertitudes, ses fragilités, ses justifications, mais aussi ses contradictions morales (violence, bravoure, peur). Le POV propose ainsi une entrée empathique, sans glorifier ni diaboliser les actes des révolutionnaires, et invite le public à s’interroger sur le sens de l’engagement politique et ses conséquences. L’identification penche parfois côté militance, parfois côté victime (le diplomate), enrichissant la lecture de l’histoire. 6. Rôle du réalisateur, des acteurs et de l’équipeBruno Barreto signe une mise en scène tendue, rythmée, évitant le sensationnalisme ou le manichéisme. Il rend hommage au livre de Gabeira tout en l’éclairant d’un regard critique, en fusionnant, séparant ou réattribuant certains rôles historiques. Alan Arkin (Elbrick) et Pedro Cardoso (Fernando) incarnent avec sobriété et humanité des personnages complexes, jamais caricaturaux. Le script de Leopoldo Serran privilégie l'ambivalence psychologique, le dialogue vrai, la construction de figures de militance et d'antagonisme nuancées. La lumière, les costumes, la musique (nostalgie vibrant d’une époque de tension) participent de la construction émotionnelle et idéologique : on ressent autant qu’on comprend. 7. Grammaire cinématographique et symbolique (images, sons, tropes)• Images : Plans rapprochés sur les visages, signifiant à la fois la détresse, la réflexion intérieure, le tumulte moral. Stock-shots d’archives mêlés aux scènes reconstituées pour ancrer l’action dans l’histoire réelle. • Sons : Musique d’époque, sons urbains, silences pesants lors des négociations – renforcent le climat d’angoisse et de tension. Passage du bruit à la musique mélancolique pour symboliser l’échec, le désenchantement.• Symboles : Le drapeau américain, la prison, la radio pirate, la lettre au public (diffusée par le MR8 à la société brésilienne), le regard du diplomate américain sur ses ravisseurs, le portrait du jeune tortionnaire confronté à sa propre culpabilité et à la peur de sa compagne. Ces éléments participent à la dramaturgie, relèvent la dimension de « film-mémoire » et de questionnement démocratique.Conclusion :Ce film opère en même temps comme outil de mémoire et comme arme idéologique. Il interroge le sens de la résistance, critique la construction héroïque du militantisme et donne accès à une histoire du Brésil dans ses zones d’ombre. Sa force réside dans sa capacité à conjuguer tension dramatique, ambiguïté morale, et pédagogie du souvenir, sans sacrifier la complexité humaine des protagonistes ni l’impact émotionnel du récit.
Prise de note durant le visionnage
quote
Brésil, Rio.1964 : gouvernement brésilien est renversé1968 : plus de liberté de presse et de droits individuels
(Plans de révoltes populaires)(Plans d’Armstrong) Ça amène une critique des USA par des communistes brésiliens. Guerre froide. « Un écran de fumée pour la branlée qu’on a pris au Vietnam » disent les étatsuniens.
3 potes brésiliens communistes (poster du Che) veulent rejoindre la lutte contre l’extrême droite.L’un de veut rejoindre la lutte armée.Les autres veulent une lutte politique. Le groupe se divise donc : 2 pour la lutte armée, 1 pour la lutte politique
Les deux rejoignent un groupe de révolutionnaires.Ils changent tous leurs nomsC’est une femme qui mène le groupe (camarade Maria). Ils forment le MR8, organisation contre la dictature militaire brésilienneIls apprennent à manier des armes
Action armée dans une banque, non violente juste pour faire entendre leur voix. L’un deux se fait tirer dessus et est arrêté. -> le MR-8, et se financent par une « libération de fonds », c'est-à-dire un braquage de banque, afin de préparer un grand coupCamarade Paolo avoue qu’il le connait, c’est son ami (César). C’est une règle qu’il transgresse. Normalement, personne ne se connait.
Oswaldo (César) se fait torturer pour parler. Il crache tout
L’idée de kidnapper un ambassadeur arrive dans les paroles du MR8. Pour faire entendre leur voix. Ca pourrait aussi forcer la libération des camarades.
Maria du MR8 veut devenir domestique de l’ambassadeur. Elle comprend que c’est compliqué et très sécurisé. Elle doit « séduire » le chef de la sécurité.
Paolo et les autres reçoivent la visite de deux camarades du FLN de Sao Paulo (ALN = Ação Libertadora Nacional). Parmi l’un deux, un prend les rênes du mouvement à la place de Maria. Paolo est exclu d’une action armée car il ne sait pas tirer. Le Camarade Jonas ne veut pas de lui. Pourtant c’est Paolo qui est à l’origine de l’idée de cette action.
4 septembre 1969 : retrait étasunien dans la guerre du Vietnam. C’est aussi le jour du projet de l’enlèvement de l’ambassadeur.Une femme appelle la police car elle soupçonne des choses suspectes. La police dit que tout semble en ordre et dit ne rien vouloir faire.L’ambassadeur quitte l’ambassade. Son chef de la sécurité n’est pas présent à cause des trains en retard. La limousine quitte l’ambassade. Maria donne le signal. Maria derrière en voiture, les autres devant en voiture.L’embuscade fonctionne.La femme rappelle la police.
Les membres du MR8 avec leur ambassadeur arrive à leur nouveau fief. L’ambassadeur des USA vient de se faire kidnapper par le MR8Les infos parlent du kidnapping de Charles Burke ElbrickLe MR8 et le FLN veulent un échange : l’ambassadeur contre 15 révolutionnaires emprisonnés.
On suit un couple. La femme apprend que son mari (Enrique) est dans les services secrets. Et qu’il torture des gens.Il se justifie en parlant de l’antiterrorisme. Maccarthysme.
Paolo est félicité pour ses écrits. Il est nul à la guerre mais bon sur les écrits.
Un ami de Paolo – qui le connait que sous son vrai nom, le critique pour son engagement armé.
5 septembre 1969. Un jour après le kidnapping.L’ambassadeur ne crache rien au groupe. Il dit qu’il ne sait rien. Le groupe lui dit qu’il se fera tuer si les révolutionnaires ne seront pas libérés
Les camarades dressent la liste des révolutionnaires à libérer parmi lesquels Oswaldo
Un rôtisseur trouve l’attitude d’un des révolutionnaires suspectes avec toutes ses liasses (camarade Julio). Il appelle alors la police. Les services américains sont dans un dilemme : laisser mourir l’ambassadeur ou libérer des prisonniers ce qui pourrait motiver à refaire la même chose indéfiniment : kidnapper pour permettre des libérations.
Paolo dépose dans une église la liste des révolutionnaires à libérer.
Jonas dit à Julio qu’il ne sera pas missionné pour tuer l’ambassadeur, il donnera la tâche à Paolo pour voir s’il est capable d’un tel acte
L’ambassadeur commence à avoir un syndrome de Stockholm avec les révolutionnaires. Ils ont des débats philosophiques, idéologiques. L’une des révolutionnaires lui lave son linge. Il a droit d’écrire des lettres à sa femme. Il a des débats d’idées avec Paolo. Paolo parle souvent des Black Panthers.
6 septembre 1969Madame Elbrick reçoit la lettre de son mari
Le groupe commence à suspecter des gens d’entourer la villa. Ils ne croient si bien dire.Ceux qu’ils suspectent les appellent. Le groupe s’organise pour faire face. Les deux agents secrets ont reconnu le groupe. Ils voient aussi qu’ils se font suivre. Les agents secrets savent donc où ils sont.
C’est le jour de l’expiration de la négociation.Paolo apprend qu’il est missionné pour tuer l’ambassadeur« Le moment est venu et je sais que tu mettras en pratique tes discours » dit Jonas.
Maria (Andréa) avoue à Paolo qu’elle connait son nom (Fernando) et qu’elle connait ses discours et qu’elle l’aime depuis.
Paolo s’apprête à tuer l’ambassadeur. Mais le groupe a gagné. Les négociations tournent en leur faveur, les révolutionnaires de la liste sont libérés.
7 septembre 1969, jour de la fête d’indépendanceAux informations : information sur la libération des révolutionnairesLe groupe est donc heureuxL’ambassadeur va donc être libéré
Le groupe sort de la villa en voiture avec l’ambassadeurIls sont suivis par la police et les agents secretsLa police stoppe les agents secrets pour ne pas mettre en péril la vie de l’ambassadeurUn hélicoptère est aussi missionné
Le groupe profite de la foule crée par le match de foot Corinthians vs Vasco de Gama pour sortirL’ambassadeur est lâché dans la fouleL’ambassadeur est de retour à l’ambassade
Un mois plus tardLes agents secrets viennent à la villa du groupeÉvidemment, ils ne sont plus làIls trouvent un journal troué qui contient un code
Il y a des affiches sur les révolutionnaires – dits terroristes dans tout le pays.
Paolo est insatisfait car le mouvement n’a pas eu tant d’impact.
Le film se termine par l’assaut visant Maria et Polo, retrouvé à cause du journal. Paolo est torturé.
Huit mois plus tardMaria est en vie.L’ambassadeur allemand a été libéréPaolo aussi. Le groupe est quasiment complet. Le film se termine en 1974 quand la junte brésilienne, sous la pression de l'enlèvement de l'ambassadeur d'Allemagne, se décide à libérer le groupe : Maria, en voix hors champ, espère que Paulo fera partie des libérés. Ils se retrouvent à l'aéroport militaire d'où un avion va les emmener en Algérie, alors refuge des mouvements révolutionnaires. Toledo et Jonas sont morts, Maria, brisée par les mauvais traitements, est clouée sur sa chaise roulante et incapable de lever le poing avec Paulo et ses autres compagnons, et il faudra encore attendre plusieurs années la fin de la dictature.
Photographie du groupe à l’aéroport.
1979 amnistie générale pour les crimes politiques1989 élections libres et démocratie de retour au Brésil