L’horreur de ce film s’inscrit dans tous ses choix. Un film ne soutient pas forcément la cause qu’il présente, un auteur peut dénoncer sans le dire explicitement. Mais pour ça, faut savoir le justifier.
J’ai toujours entendu parler de ce film, mais j’ai jamais osé le voir, pensant que l’avis général me suffisait pour en établir un que je pourrais prétendre être personnel. Après avoir vu Salo de Pasolini (rien à voir, mais je vais quelque part avec cette idée), je me suis dit que c’était bon pour l’esprit critique de voir par soi-même ce qui courrouce.
Le premier point complexe de ce film, c’est la richesse esthétique. Visuellement, le film est beau et il enrobe son propos, il le romance. On voit toutes ces femmes, la Nouvelle Orléans. On voit Brooke Shields qui tient parfaitement son rôle, mais à quel prix pour le reste de sa vie ?
Parce que le choix de Brooke Shields dans ce rôle n’est pas neutre, sa beauté n’est pas neutre et son exploitation n’est pas neutre. Ça vient encore plus idéaliser et romancer l’histoire.
À aucun moment, Pretty Baby va proposer un discours moral. Il ne dénonce pas. Il montre quelque chose, et en le faisant, traumatise une enfant à vie. Je pense principalement à la scène des enchères qui est d’une angoisse absolue.
La prestation de Keith Carradine m’a perturbée. Il est toujours là, dans le coin du champ. Statique, silencieux, observateur. Il va être le seul à s’offusquer un peu sur le sort de Violet, mais dès que la tentation s’offre à lui, il n’hésite pas une seconde. Il en fait sa femme, mais la traite comme une enfant, lui offre une poupée, every child should have a doll, la fait l’appeler PAPA… De tous les hommes, c’est le plus jeune et le plus beau, ça non plus c’est pas neutre. Et en fait, d’une certaine manière, c’est peu surprenant d’apprendre que Polly Platt est derrière le scénario. Quand on voit son travail de productrice sur Paper Moon, son choix de casting avec Tatum O’Neal (autre enfant qu’Hollywood a détruite). Ce rapport à l’enfance, de la petite fille propulsée dans un monde qui ne devrait pas encore avoir de place pour elle, et pourtant..
Bref, Pretty Baby se perd dans sa complaisance et oublie de faire semblant de passer un message, n’invitant jamais le spectateur à réfléchir s’il n’en a pas l’envie de prime abord.
L’horreur de ce film s’inscrit dans tous ses choix. Un film ne soutient pas forcément la cause qu’il présente, un auteur peut dénoncer sans le dire explicitement. Mais pour ça, faut savoir le justifier.
J’ai toujours entendu parler de ce film, mais j’ai jamais osé le voir, pensant que l’avis général me suffisait pour en établir un que je pourrais prétendre être personnel. Après avoir vu Salo de Pasolini (rien à voir, mais je vais quelque part avec cette idée), je me suis dit que c’était bon pour l’esprit critique de voir par soi-même ce qui courrouce.
Le premier point complexe de ce film, c’est la richesse esthétique. Visuellement, le film est beau et il enrobe son propos, il le romance. On voit toutes ces femmes, la Nouvelle Orléans. On voit Brooke Shields qui tient parfaitement son rôle, mais à quel prix pour le reste de sa vie ?
Parce que le choix de Brooke Shields dans ce rôle n’est pas neutre, sa beauté n’est pas neutre et son exploitation n’est pas neutre. Ça vient encore plus idéaliser et romancer l’histoire.
À aucun moment, Pretty Baby va proposer un discours moral. Il ne dénonce pas. Il montre quelque chose, et en le faisant, traumatise une enfant à vie. Je pense principalement à la scène des enchères qui est d’une angoisse absolue.
La prestation de Keith Carradine m’a perturbée. Il est toujours là, dans le coin du champ. Statique, silencieux, observateur. Il va être le seul à s’offusquer un peu sur le sort de Violet, mais dès que la tentation s’offre à lui, il n’hésite pas une seconde. Il en fait sa femme, mais la traite comme une enfant, lui offre une poupée, every child should have a doll, la fait l’appeler PAPA… De tous les hommes, c’est le plus jeune et le plus beau, ça non plus c’est pas neutre. Et en fait, d’une certaine manière, c’est peu surprenant d’apprendre que Polly Platt est derrière le scénario. Quand on voit son travail de productrice sur Paper Moon, son choix de casting avec Tatum O’Neal (autre enfant qu’Hollywood a détruite). Ce rapport à l’enfance, de la petite fille propulsée dans un monde qui ne devrait pas encore avoir de place pour elle, et pourtant..
Bref, Pretty Baby se perd dans sa complaisance et oublie de faire semblant de passer un message, n’invitant jamais le spectateur à réfléchir s’il n’en a pas l’envie de prime abord.