Que se passe-t-il quand la parole est la vérité et le mensonge l’image, la morale ?
Nous regardons, nous avons regardé, jusqu’à sa mort, fleurir l’art du réel. Observé les mensonges exposés, les plus purs, les plus manipulés. Et le manipulateur (Hitchcock) démonter cet art du réel. Si l’ontologie de l’image photographique est attachée au réel, pourquoi donc ment-elle ? Parce qu’il ne sert à rien, le réel, sans le vrai.
La Loi du silence commence par la parole. La parole et le langage ne sont pas réels, pourtant ils sont vrais. C’est de la parole que vient la confession, la sécurité de pouvoir rendre vrai le péché sans jamais le rendre réel. Des murmures venant de l’homme impur, glissant dans le confessionnal, atteignent l’oreille du prêtre qui a la parole, qui a la vérité, mais n’a pas d'image. À quoi cela sert-il donc ? Le voici prisonnier de la parole, privé de l’image pour l’éclairer ; celle-ci reste aux policiers, elle mène à la prison, injustement. La parole et l’image devraient marcher ensemble, justement ; elles devraient nous amener vers le réel et la vérité. L’art de parler rencontrerait l’art de montrer. Quelle utopie ! Elle ne sera pas possible.
À la fin, l’image rencontre la parole. Le père Logan, qui personnifie cette utopie, a devant lui une immense volonté de ne pas pardonner à l’homme qui ment en montrant, saignant d’une parole qui, désormais, est devenue publique. Le prêtre pardonne. Par principe. Il concède le pardon au cinéma et à tous ceux qui ont menti. Il abandonne son utopie. Il pardonne à tous ceux qui ne peuvent pas la concevoir, pardonne à tous les hommes, principe même du catholicisme. Ce n’est pas par hasard qu’Hitchcock nous montre de plus en plus d’images du Christ se superposant à celle du prêtre. Ce n’est pas par hasard qu’Hitchcock nous montre l’image du Vrai se superposant à l’image du cinéma. Ce n’est pas par hasard que Hitchcock nous montre la dernière image du cinéma en latin. Langue du savoir, langue du vrai et de la science, qui pardonne, par principe, le mensonge du cinéma. Pour toujours continuer, sans espoir religieux. Cinéma, grand athée, tu mens comme tu respires.
Que se passe-t-il quand la parole est la vérité et le mensonge l’image, la morale ?
Nous regardons, nous avons regardé, jusqu’à sa mort, fleurir l’art du réel. Observé les mensonges exposés, les plus purs, les plus manipulés. Et le manipulateur (Hitchcock) démonter cet art du réel. Si l’ontologie de l’image photographique est attachée au réel, pourquoi donc ment-elle ? Parce qu’il ne sert à rien, le réel, sans le vrai.
La Loi du silence commence par la parole. La parole et le langage ne sont pas réels, pourtant ils sont vrais. C’est de la parole que vient la confession, la sécurité de pouvoir rendre vrai le péché sans jamais le rendre réel. Des murmures venant de l’homme impur, glissant dans le confessionnal, atteignent l’oreille du prêtre qui a la parole, qui a la vérité, mais n’a pas d'image. À quoi cela sert-il donc ? Le voici prisonnier de la parole, privé de l’image pour l’éclairer ; celle-ci reste aux policiers, elle mène à la prison, injustement. La parole et l’image devraient marcher ensemble, justement ; elles devraient nous amener vers le réel et la vérité. L’art de parler rencontrerait l’art de montrer. Quelle utopie ! Elle ne sera pas possible.
À la fin, l’image rencontre la parole. Le père Logan, qui personnifie cette utopie, a devant lui une immense volonté de ne pas pardonner à l’homme qui ment en montrant, saignant d’une parole qui, désormais, est devenue publique. Le prêtre pardonne. Par principe. Il concède le pardon au cinéma et à tous ceux qui ont menti. Il abandonne son utopie. Il pardonne à tous ceux qui ne peuvent pas la concevoir, pardonne à tous les hommes, principe même du catholicisme. Ce n’est pas par hasard qu’Hitchcock nous montre de plus en plus d’images du Christ se superposant à celle du prêtre. Ce n’est pas par hasard qu’Hitchcock nous montre l’image du Vrai se superposant à l’image du cinéma. Ce n’est pas par hasard que Hitchcock nous montre la dernière image du cinéma en latin. Langue du savoir, langue du vrai et de la science, qui pardonne, par principe, le mensonge du cinéma. Pour toujours continuer, sans espoir religieux. Cinéma, grand athée, tu mens comme tu respires.