Brutal et réaliste, un véritable cauchemar éveillé que nous livre László Nemes.
Saul Ausländer, membre du Sonderkommando, juif hongrois à Auschwitz, découvre le corps d’un garçon qu’il considère comme son fils. Au milieu de l’horreur du camp, il cherche désespérément à lui offrir une sépulture digne selon la tradition juive, s’accrochant à cette mission comme à un dernier acte d’humanité.
Comment peut-on s’imaginer l’horreur vécue par les Sonderkommandos ? Et bien on ne peut pas, mais le réalisateur hongrois tente le pari risqué de nous plonger dans deux journées de la vie de Saul. Le choix d’entrer dans un camp et surtout dans une chambre à gaz a toujours été polémique au cinéma.
Cependant, là où d’autres cinéastes ont auparavant fait preuve de ce que Jacques Rivette ou Claude Lanzmann qualifiaient d’obscénités en utilisant par exemple des techniques de mises en scène jugées pas adaptées au contexte (le fameux travelling de Ponte Corvo dans Kapo ou le suspens de la scène de la « douche » par Spielberg dans Schindler’s list), cette fois le cinéaste hongrois utilise des procédés intelligemment : hors champ sonore et visuel, plans très serrés et utilisation d’une focale longue très régulièrement. Ainsi, le spectateur n’est pas forcé d’observer l’horreur absolue de la « Solution Finale » mais peut se concentrer pleinement sur la quête du protagoniste.
Le pari semble réussi, pour preuve : Le Fils de Saul a reçu une reconnaissance internationale exceptionnelle. Le film a remporté le Grand Prix au Festival de Cannes en 2015, ainsi que l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016. Il a également obtenu le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.
En définitive, Le Fils de Saul marque une étape importante dans la représentation cinématographique de la Shoah. En choisissant une mise en scène resserrée, sensorielle et pudique, László Nemes parvient à éviter toute esthétisation de l’horreur pour proposer une expérience immersive, presque (voire vraiment) suffocante.
Plutôt que de montrer frontalement l’indicible, le film suggère, fait entendre, laisse deviner, et c’est précisément cette retenue qui en fait la force. À travers la quête obstinée de Saul, c’est la question de la dignité humaine qui est posée : peut-on encore accomplir un geste sacré au cœur de la barbarie absolue ?
Œuvre radicale, éprouvante mais essentielle, Le Fils de Saul s’impose ainsi comme un film à la fois éthique et profondément marquant.
Brutal et réaliste, un véritable cauchemar éveillé que nous livre László Nemes.
Saul Ausländer, membre du Sonderkommando, juif hongrois à Auschwitz, découvre le corps d’un garçon qu’il considère comme son fils. Au milieu de l’horreur du camp, il cherche désespérément à lui offrir une sépulture digne selon la tradition juive, s’accrochant à cette mission comme à un dernier acte d’humanité.
Comment peut-on s’imaginer l’horreur vécue par les Sonderkommandos ? Et bien on ne peut pas, mais le réalisateur hongrois tente le pari risqué de nous plonger dans deux journées de la vie de Saul. Le choix d’entrer dans un camp et surtout dans une chambre à gaz a toujours été polémique au cinéma.
Cependant, là où d’autres cinéastes ont auparavant fait preuve de ce que Jacques Rivette ou Claude Lanzmann qualifiaient d’obscénités en utilisant par exemple des techniques de mises en scène jugées pas adaptées au contexte (le fameux travelling de Ponte Corvo dans Kapo ou le suspens de la scène de la « douche » par Spielberg dans Schindler’s list), cette fois le cinéaste hongrois utilise des procédés intelligemment : hors champ sonore et visuel, plans très serrés et utilisation d’une focale longue très régulièrement. Ainsi, le spectateur n’est pas forcé d’observer l’horreur absolue de la « Solution Finale » mais peut se concentrer pleinement sur la quête du protagoniste.
Le pari semble réussi, pour preuve : Le Fils de Saul a reçu une reconnaissance internationale exceptionnelle. Le film a remporté le Grand Prix au Festival de Cannes en 2015, ainsi que l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016. Il a également obtenu le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.
En définitive, Le Fils de Saul marque une étape importante dans la représentation cinématographique de la Shoah. En choisissant une mise en scène resserrée, sensorielle et pudique, László Nemes parvient à éviter toute esthétisation de l’horreur pour proposer une expérience immersive, presque (voire vraiment) suffocante.
Plutôt que de montrer frontalement l’indicible, le film suggère, fait entendre, laisse deviner, et c’est précisément cette retenue qui en fait la force. À travers la quête obstinée de Saul, c’est la question de la dignité humaine qui est posée : peut-on encore accomplir un geste sacré au cœur de la barbarie absolue ?
Œuvre radicale, éprouvante mais essentielle, Le Fils de Saul s’impose ainsi comme un film à la fois éthique et profondément marquant.