*"qu'est ce qui va nous arriver ?"
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*"en tout cas ce qui est sûr, c'est que tu vas très vite nous oublier"
magnifique. terrifiant. un conte sur le passage de l'enfance à l'adolescence. l'innocence entre filles, le jeu, la découverte, et surtout la découverte que le monde est déjà tout fait et construit, et qu'il faut que l'on s'y plie si l'on veut être accepté. une liberté dans la sororité, dans la nature, qui cache en fait une attente d'obéissance, de rigueur, de règle. on s'affranchit de la prison soit par la mort ou par l'isolation, la fuite, le rejet, l'oubli. ce film raconte si bien la douleur de l'abandon de l'enfance, de voyeurisme et de la perversité du regard sur les jeunes filles, qui si tôt sont conditionnés à être des épouses, des danseuses de performances du mâle gaze, et surtout, la violence symbolique et implicite du non dit constant, les métaphores qui cachent la vérité, le secret perpétuel qui se garde entre celles qui savent déjà tout, comme pour attirer cette innocence vers son piège, comme une toile d'araignée qui se transmet à chaque génération.
ce film m'a tellement touché parce qu'il raconte comment l'enfance d'une fille est terriblement conditionné. la réplique d'Eva
"tu vas nous oublier très vite", pour moi, ce n'est pas pour dire que le monde extérieur est tellement incroyable que l'enfance, de ce fait, sera oublié, mais plutôt que ce temps merveilleux d'innocence, de liberté, de nature et de joie est aboli une fois que l'on est adolescente et femme, tellement aboli que l'on oublie qu'un jour, l'on a été "pure", au sens où nous n'étions pas empoisonnées, conditionnées, piégés par les dictats du patriarcat.
ça fait mal et ça fait du bien.