J’ai beaucoup de mal à poser des mots sur ce que je viens de voir, mais je vais quand même essayer.
Tout d’abord, l’histoire : une femme nommée Karin est « contrainte » de se marier avec un pêcheur italien pour sortir d’un camp de prisonnier. Elle part donc vivre avec lui sur l’île volcanique de stromboli. Là bas, elle découvre l’oppression et le désir irrépressible de s’enfuir.
C’est le premier film de Rossellini avec Ingrid Bergman au casting. Après sa trilogie d’après guerre, il décide donc de poursuivre sa démarche néoréaliste de façon différente. En effet, la guerre est finie depuis quelques années et ses conséquences directes ont tendance à s’effacer.
Pour autant, Rossellini retrouve les caractéristiques de la démarche néoréaliste : acteurs non professionnels, caméra mobile, attention portée aux réalités sociales de son époque ; et il les adapte à un film peut-être moins engagé que les précédents.
Cependant, le film est profondément intéressant. Le fait qu’Ingrid Bergman (la Margot Robbie de l’époque) se retrouve au cœur d’un tournage avec face à elle des acteurs non professionnels me fait vraiment kiffer. J’ai l’impression qu’on atteint là une sorte d’apogée du néoréalisme où les deux extrémités de la notoriété sont mis sur un pied d’égalité.
Rossellini joue de cette différence entre Karin (jouée par Bergman) et les habitants de ce village de pêcheur. Cette dernière incarne l’Altérité. Karin est une étrangère et ses codes bourgeois contrastent avec le reste des habitants de stromboli. Dès son arrivée sur l’île, la différence entre elle et eux la frappe. C’est d’ailleurs peut-être un peu exagéré, elle a à peine eu le temps de poser ses bagages qu’elle en veut déjà à son mari et qu’elle déjà envie de se barrer.
Cependant, on comprend sa peine. Cette île s’impose à elle et tout y semble déterminé, fataliste. Les habitants de l’île sont quasiment tous partis avant son arrivée et il ne reste plus que quelques vieilles qui se mettent à la haïr. C’est donc clair, elle n’est pas en adéquation avec ce monde et les gens le lui font bien comprendre. Elle ne fera d’ailleurs rien pour tenter de s’accommoder à l’île. Elle tente de séduire le gardien du phare, le prêtre (gros fou rire au passage)… tandis que les gens de l’île la repoussent encore plus (entre les vieilles et son mari qui la frappe…)
C’est là que je bascule dans l’interprétation parce que je suis un peu perdu vis à vis de ce que j’ai pu lire. J’ai l’impression que Rossellini nous donne une solution spirituelle. Il semblerait que le moyen de se reconnecter au monde se trouve dans la modestie propre à la chrétienté. Le prêtre avertit d’ailleurs Karin à plusieurs reprises en lui conseillant d’être plus humble/modeste. Mais est ce vis à vis des autres ou vis à vis du monde tout entier ?
La fin me laisse tout aussi perplexe car elle repose sur un dilemme. Après avoir fait appel à Dieu, Karin a le choix de revenir dans le village qu’elle tenait à quitter, ou bien de tenter de partir. Dans les deux cas, elle risque la mort.
J’ai beaucoup de mal à poser des mots sur ce que je viens de voir, mais je vais quand même essayer.
Tout d’abord, l’histoire : une femme nommée Karin est « contrainte » de se marier avec un pêcheur italien pour sortir d’un camp de prisonnier. Elle part donc vivre avec lui sur l’île volcanique de stromboli. Là bas, elle découvre l’oppression et le désir irrépressible de s’enfuir.
C’est le premier film de Rossellini avec Ingrid Bergman au casting. Après sa trilogie d’après guerre, il décide donc de poursuivre sa démarche néoréaliste de façon différente. En effet, la guerre est finie depuis quelques années et ses conséquences directes ont tendance à s’effacer.
Pour autant, Rossellini retrouve les caractéristiques de la démarche néoréaliste : acteurs non professionnels, caméra mobile, attention portée aux réalités sociales de son époque ; et il les adapte à un film peut-être moins engagé que les précédents.
Cependant, le film est profondément intéressant. Le fait qu’Ingrid Bergman (la Margot Robbie de l’époque) se retrouve au cœur d’un tournage avec face à elle des acteurs non professionnels me fait vraiment kiffer. J’ai l’impression qu’on atteint là une sorte d’apogée du néoréalisme où les deux extrémités de la notoriété sont mis sur un pied d’égalité.
Rossellini joue de cette différence entre Karin (jouée par Bergman) et les habitants de ce village de pêcheur. Cette dernière incarne l’Altérité. Karin est une étrangère et ses codes bourgeois contrastent avec le reste des habitants de stromboli. Dès son arrivée sur l’île, la différence entre elle et eux la frappe. C’est d’ailleurs peut-être un peu exagéré, elle a à peine eu le temps de poser ses bagages qu’elle en veut déjà à son mari et qu’elle déjà envie de se barrer.
Cependant, on comprend sa peine. Cette île s’impose à elle et tout y semble déterminé, fataliste. Les habitants de l’île sont quasiment tous partis avant son arrivée et il ne reste plus que quelques vieilles qui se mettent à la haïr. C’est donc clair, elle n’est pas en adéquation avec ce monde et les gens le lui font bien comprendre. Elle ne fera d’ailleurs rien pour tenter de s’accommoder à l’île. Elle tente de séduire le gardien du phare, le prêtre (gros fou rire au passage)… tandis que les gens de l’île la repoussent encore plus (entre les vieilles et son mari qui la frappe…)
C’est là que je bascule dans l’interprétation parce que je suis un peu perdu vis à vis de ce que j’ai pu lire. J’ai l’impression que Rossellini nous donne une solution spirituelle. Il semblerait que le moyen de se reconnecter au monde se trouve dans la modestie propre à la chrétienté. Le prêtre avertit d’ailleurs Karin à plusieurs reprises en lui conseillant d’être plus humble/modeste. Mais est ce vis à vis des autres ou vis à vis du monde tout entier ?
La fin me laisse tout aussi perplexe car elle repose sur un dilemme. Après avoir fait appel à Dieu, Karin a le choix de revenir dans le village qu’elle tenait à quitter, ou bien de tenter de partir. Dans les deux cas, elle risque la mort.