Fiche d’analyse A World Apart 1988 Chris MengesLa scénariste : Shawn Slovo l'histoire est basée sur son enfance en Afrique du Sud sous l'apartheidLe film parle de ses parents : Née en 1950, elle est la fille d'un avocat, dirigeant du Parti communiste sud-africain, Joe Slovo, et de Ruth First, fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party ou SACP).
Le film est tourné pendant l’apartheid mais pas en Afrique du Sud, au Zimbabwe. Il a été évidemment interdit en Afrique du Sud.
Beaucoup de chansons dans ce film, chantées par des africains dont le Mungu ibariki Afrika.
Refus de chanter l’hymne de l’apartheid : scène symbolique.
Loi des 90 jours introduit en 1963 : la police a été autorisé à mettre en prison n’importe qui, qui est soupçonné de crimes politiques. Arbitraire, pas d’avocats, pas de défense, pas de contradictoire. Article 17. Faisant parti de la loi portant modification de la législation générale de 1962 (en anglais General Law Amendment Act, 1962), également connue sous le nom de Loi sur le sabotage (Sabotage Act), fut proposée par le gouvernement Verwoerd et votée par le Parlement sud-africain durant la période de l'apartheid.
Couvre-feu dans les villes blanches, quartiers interdits aux noirs. Couple mixte raciale interdit.
Les noirs doivent avoir un laisser passer pour se déplacer. Prise dans le cadre du Group Areas Act, la Loi de 1952 modifiant la Loi de consolidation des zones urbaines de 1945 (Native Laws Amendment Act) ajoute que tous les Noirs âgés de plus de 16 ans, transportent des livrets de circulation. Une autre loi (Natives Abolition of Passes and Co-ordination of Documents Act) abroge en même temps les nombreuses lois régionales sur les passeports et institue une réglementation nationale obligeant tous les Sud-Africains noirs, hommes et femmes, âgés de plus de 16 ans à transporter à tout moment dans les zones blanches le livret de circulation, lequel fait office à la fois de carte d'identité, de laissez-passer et de livret de travail. L'objectif est notamment d'enrayer l'immigration des populations noires vers les villes.
C’est aussi l’histoire d’une petite fille normale qui voit de moins en moins ses parents, ne sachant pas qu’ils préparent un combat contre le racisme systémique de l’Afrique du Sud sous l’apartheid. Et qui regrette l’absence de ses parents, sans savoir l’importance de ses derniers sur le monde.
À la fin des années 1970, Shawn Slovo est l'assistante de Robert De Niro, notamment lorsqu'il joue dans les films Raging Bull et La valse des pantins. Elle écrit également le scénario de Muhammad Ali's Greatest Fight. En 1978, sa mère, Ruth First, gagne le Mozambique en 1978, travaillant à l'université Eduardo Mondlane et participant aussi à la lutte de l'ANC : elle meurt assassinée en 1982, par un colis piégé. À la fin des années 1980 et début des années 1990, son père joue un rôle déterminant dans la transition pacifique de l'Afrique du Sud vers un régime démocratique et multiracial. Revenu en 1992 à Johannesburg, il devient un des ministres de Nelson Mandela mais meurt en 1995 d'un cancer.
1. Contexte international, national et historique du filmContexte international : Le film sort en 1988, au moment où l’Afrique du Sud est encore sous le régime d’apartheid, mais où la pression internationale croît fortement. Les années 1980 sont marquées par la montée des sanctions économiques, la mobilisation de l’ONU contre l’apartheid, et un mouvement mondial de boycott et d’isolement du régime sud-africain. La Guerre froide influence les positions des grandes puissances sur la question raciale – l’Occident condamne l’apartheid sans toujours rompre ses liens économiques, tandis que l’URSS soutient ouvertement l’ANC et autres mouvements de libération.Contexte national : L’Afrique du Sud traverse durant les années 1980 une phase d’intenses répressions, de luttes politiques et d’insurrections populaires. Le film s’ancre au moment où le pouvoir blanc affronte une montée de la contestation intérieure : manifestations, grèves, actions du Congrès national africain (ANC) et mouvements de jeunesse, auxquels l’État répond par la censure, l’emprisonnement et la torture. La libération de Nelson Mandela n’a pas encore eu lieu, et de nombreux militants sont arrêtés ou assassinés. « A World Apart » s’inspire directement de la vie de Ruth First et de la journaliste Barbara Minnev, figures emblématiques de la résistance blanche anti-apartheid.Contexte historique représenté : Le film relate l’histoire d’une famille blanche engagée au sein de la lutte contre l’apartheid dans les années 1960 et 1970. Il ne s’agit jamais seulement de « raconter le passé », mais bien de porter un regard sur l’Afrique du Sud contemporaine et sur les enjeux de la mémoire politique de l’oppression raciale. Il montre comment la brutalité de l’État façonnait les relations sociales et comment l’engagement pouvait briser les barrières raciales et morales.2. Situation et dilemme présentés aux personnagesLa jeune Molly, fille de militants blancs, voit son univers bouleversé lorsque sa mère est arrêtée pour son rôle dans la lutte anti-apartheid. Le dilemme central du film est le choix entre la sécurité familiale et l’engagement moral contre l’injustice : Molly doit comprendre, puis assumer les conséquences des convictions de ses parents. Le film expose le coût personnel de la révolte dans une société oppressante, la difficulté de « choisir son camp » et de conserver son intégrité morale face à la peur, à la violence et à l’isolement.3. Agents sociaux et rapports (classe, race, genre)Les personnages incarnent plusieurs catégories sociales :• Classe et race: Les Blancs « libéraux » comme la famille de Molly sont minoritaires mais protégés par leur statut social, tandis que les Noirs subissent la violence directe de l’État, la pauvreté et la discrimination.• Genre: Le film met en avant des figures féminines courageuses, opposées à la masculinité autoritaire des policiers et agents de l’État. Molly en tant que jeune fille doit déconstruire les stéréotypes de genre et apprendre l’autonomie.• Rapports sociaux: Les interactions entre Blancs et Noirs, entre générations, et entre hommes et femmes révèlent les hiérarchies du système. On voit comment certains Blancs sont perçus comme des traîtres à leur « race ».• Évolution des personnages: Molly passe de l’incompréhension à la solidarité avec les opprimés, incarnant un processus d’émancipation et de politisation.4. Genre cinématographique et ses codesLe film relève du drame historique et du "film engagé". Il emprunte à la chronique familiale, au récit initiatique et au film politique :• Codes du drame historique : Reconstitution fidèle des décors et costumes de l’époque, focalisation sur un épisode précis, référence à des faits réels.• Narration engagée : Usage de l’émotion pour susciter l’identification et la prise de conscience, exaltation du courage individuel contre le système.• Film de dénonciation/film militant : Refus du spectaculaire au profit de l’authenticité, dénonciation explicite des mécanismes de l’oppression.5. Point de vue (POV) qui oriente l’identification du spectateurLe point de vue adopté est principalement celui de Molly, adolescente confrontée à la radicalité des choix de sa mère. Ce POV « innocent » permet au spectateur de découvrir progressivement la violence du système, de ressentir la confusion et l’ambivalence liée à l’engagement politique. En invitant le public à s’identifier à cette jeune fille, le film rend accessibles les enjeux moraux complexes et permet un dialogue intime avec les dilemmes de l’époque. Il donne aussi accès au regard des opprimés à travers leurs relations avec Molly et sa famille.6. Rôle du réalisateur, des acteurs et de l’équipe dans le message idéologiqueChris Menges, connu pour ses documentaires et son engagement politique, choisit une mise en scène sobre et réaliste, loin des clichés hollywoodiens habituels sur l’Afrique du Sud. Les acteurs principaux, Jodhi May (Molly) et Barbara Hershey (la mère), livrent des performances nuancées : la vulnérabilité, la force morale, l’ambivalence des sentiments sont mises en avant. Le réalisateur utilise la lumière naturelle, des décors authentiques et des dialogues dépouillés pour renforcer la crédibilité du récit. La musique et le montage privilégient la tension dramatique plutôt que des effets faciles, soulignant l’oppression quotidienne et la dignité des résistants.7. Grammaire cinématographique et symbolique (images, sons, tropes)La grammaire visuelle :• Cadrages serrés sur les visages des personnages montrent l’intensité des émotions et la solitude dans l’épreuve.• Plans d’ensemble sur les quartiers séparés et les routes entre monde blanc et monde noir matérialisent la coupure sociale.• Lumière naturelle et couleurs ternes véhiculent un sentiment d’oppression, d’absence de légèreté.• Ambiance sonore discrète, marquée par le bruit des voitures de police et le silence menaçant, souligne la surveillance et la peur.• Symboles forts : les murs, les portes, les barrières clôturent l’espace et rappellent sans cesse la ségrégation ; la figure du poing levé ou du regard droit incarne la résistance.En résumé, "A World Apart" n’est pas seulement une chronique familiale ou un témoignage sur l’apartheid : c’est un film qui utilise tous les outils du cinéma pour engager le public à repenser la justice, la responsabilité individuelle et la mémoire collective. Il s’inscrit dans l’histoire politique mondiale, incarne les luttes nationales de l’Afrique du Sud, et propose une lecture historique du passé comme arme pour le présent.Prise de note durant le visionnageJuin 1963, Afrique du Sud.Molly apprend que son père va devoir partir quelques temps.La scénariste : Shawn Slovo l'histoire est basée sur son enfance en Afrique du Sud sous l'apartheidLe film parle de ses parents : Née en 1950, elle est la fille d'un avocat, dirigeant du Parti communiste sud-africain, Joe Slovo, et de Ruth First, fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party ou SACP).Molly = Shawn Slovo.
Loi des 90 jours ratifiée.Molly assiste à un accident entre une voiture et un cycliste noir.La mère de Molly est engagée dans la lutte antiraciste – antiapartheid.La domestique de la famille de Molly est noire
Molly part en soirée, surement pour rejoindre le groupe de lutte. Mais les flics sont là et font une perquisition. La mère de Molly cache des documents importants dans son bureauElle apprend par le journal que les bureaux de l’ANC où elle bosse ont eu 6 arrestations la nuit dernière.Deux sud-africains viennent à la maison parler à la mère de Molly
Couple mixteFête entre noirs et blancsLa police arriveTous vident leurs verres d’alcool car c’est interdit pour les noirsIls ont un mandat d’arrêt contre le père de Molly mais il n’est pas là.
Molly refuse de chanter l’hymne de l’Afrique du Sud. Alors que tous le chantent autour d’elle.(Scène symboliquement forte)Des filles se moquent d’elle car son père serait un traitre, un communiste.
Diana, la mère de Molly apprend qu’ils ont été dénoncésDans la nuit, Diana part. Molly part avec. Elles participent à un acte de boycott des bus.Ils se font arrêter par la police
Discussion « boy » - « man ». Molly défend l’idée de dire « man » pas garçon à un noir parce que noir. On disait des noirs qu’ils étaient des garçons et non des hommesMolly entre dans la cuisine de la soirée, les cuisinières noires félicitent ses parents pour leur combat et leur courage.Gus et Diana Roth, sont critiqués par des hommes blancs durant la soirée. Ils sont critiqué car ils seraient des communistes.
Molly entre de l’école.La maison est perquisitionnée. Les policiers prennent tout.Diana Roth est arrêtée.Molly pleure le départ de sa mère
Molly trouve des journaux qui parlent de la lutte de ses parents et brûlent tout.
En prison, elle est confrontée aux policiers. Ils ont des photos d’elle aux locaux de l’ANC.
Molly est interdite de voir son amie Yvonne. Les parents d’Yvonne sont probablement opposés aux idées de ses parents.Massacre de Sharpeville
Molly part dans un bidonville noir. Elle arrive dans un groupe de lutte pour l’indépendance. Une lutte décoloniale.Il est question de la lutte armée pour l’indépendance. « En avant, soldats de Mandela ».Les flics arrivent. Le prêtre prend la place du chef de la lutte pour qu’ils n’y voient que du feu.Les polices surarmés arrivent. « C’est la maison de Dieu, pas pour les terroristes ».Ils arrêtent les blancs suspectés de collaboration avec l’ANC. Dont la petite Molly.Le meneur de la lutte est amené en prison. Il est rempli de balafres sur le visage.Il subit de la torture. Diana se fait sortir de prison. En fait, c’était pour que des gens la voit dans une voiture de Sécurité pour qu’on croit qu’elle a balancé des noms.Ses enfants sont là. Diana n’est en fait pas là.
Les policiers ont arrêté la mère de Diana.
Diana a enfin droit à voir ses enfants. Et sa mère.
Les 90 jours sont passés, Diana Roth est libérée.Alors qu’elle vient de sortir, elle est arrêtée directement après avoir mis le pied dehors.
Sous la torture, psychologique, elle donne des noms.Toutes les personnes qu’elles balancent ne sont plus sur le territoire.Elle fait un grève de la faim en prisonElle se gave de médicaments. Ce qui lui permet de sortir de prison, mais de rester surveillée 24h sur 24h mais chez elle.
La domestique de la famille, Elsie, apprend que Solomon (le meneur de lutte) est mort
Molly découvre la lettre de suicide qui était destiné à Gus. C’est la lettre que Diana a écrite dans le seul livre autorisé dans sa prison : la Bible pour son mari. Mais les médicaments ne l’ont pas tué.
Au moins, Diana a pu être présente pour l’anniversaire de sa toute petite fille Myriam.Cependant. Les flics sont de retour. Ils fouillent la maison. Avant qu’ils découvrent le message écrit dans la bible, Molly agresse le policier pour éviter qu’il voie. Ca fonctionne.
Molly en veut à sa mère d’avoir tenté de se suicider.« Tes amis, ton travail, c’est tout ce qui t’intéresse », « what about me ». Diana raconte donc tout à sa fille sur la réalité de l’apartheid.« Tu mérites d’avoir une mère » « tu en as une, mais pas comme tu voudrais ».
Enterrement de Solomon. Dans la vraie vie : Salomon Kalushi Malhangu (10 juillet 1956 - 6 avril 1979) était un militant politique sud-africain membre de l'ANC. Il a été pendu le 6 avril 1979 après avoir été condamné pour meurtre par la justice sud-africaine.Avec le drapeau de l’ANC sur le cercueil.
(Excellente scène finale).Tous le poing en l’air.Mais, les flics arrivent en mode guerre éclair. Ils sont surarmés, et tirent sur la foule.
Fiche d’analyse A World Apart 1988 Chris MengesLa scénariste : Shawn Slovo l'histoire est basée sur son enfance en Afrique du Sud sous l'apartheidLe film parle de ses parents : Née en 1950, elle est la fille d'un avocat, dirigeant du Parti communiste sud-africain, Joe Slovo, et de Ruth First, fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party ou SACP).
Le film est tourné pendant l’apartheid mais pas en Afrique du Sud, au Zimbabwe. Il a été évidemment interdit en Afrique du Sud.
Beaucoup de chansons dans ce film, chantées par des africains dont le Mungu ibariki Afrika.
Refus de chanter l’hymne de l’apartheid : scène symbolique.
Loi des 90 jours introduit en 1963 : la police a été autorisé à mettre en prison n’importe qui, qui est soupçonné de crimes politiques. Arbitraire, pas d’avocats, pas de défense, pas de contradictoire. Article 17. Faisant parti de la loi portant modification de la législation générale de 1962 (en anglais General Law Amendment Act, 1962), également connue sous le nom de Loi sur le sabotage (Sabotage Act), fut proposée par le gouvernement Verwoerd et votée par le Parlement sud-africain durant la période de l'apartheid.
Couvre-feu dans les villes blanches, quartiers interdits aux noirs. Couple mixte raciale interdit.
Les noirs doivent avoir un laisser passer pour se déplacer. Prise dans le cadre du Group Areas Act, la Loi de 1952 modifiant la Loi de consolidation des zones urbaines de 1945 (Native Laws Amendment Act) ajoute que tous les Noirs âgés de plus de 16 ans, transportent des livrets de circulation. Une autre loi (Natives Abolition of Passes and Co-ordination of Documents Act) abroge en même temps les nombreuses lois régionales sur les passeports et institue une réglementation nationale obligeant tous les Sud-Africains noirs, hommes et femmes, âgés de plus de 16 ans à transporter à tout moment dans les zones blanches le livret de circulation, lequel fait office à la fois de carte d'identité, de laissez-passer et de livret de travail. L'objectif est notamment d'enrayer l'immigration des populations noires vers les villes.
C’est aussi l’histoire d’une petite fille normale qui voit de moins en moins ses parents, ne sachant pas qu’ils préparent un combat contre le racisme systémique de l’Afrique du Sud sous l’apartheid. Et qui regrette l’absence de ses parents, sans savoir l’importance de ses derniers sur le monde.
À la fin des années 1970, Shawn Slovo est l'assistante de Robert De Niro, notamment lorsqu'il joue dans les films Raging Bull et La valse des pantins. Elle écrit également le scénario de Muhammad Ali's Greatest Fight. En 1978, sa mère, Ruth First, gagne le Mozambique en 1978, travaillant à l'université Eduardo Mondlane et participant aussi à la lutte de l'ANC : elle meurt assassinée en 1982, par un colis piégé. À la fin des années 1980 et début des années 1990, son père joue un rôle déterminant dans la transition pacifique de l'Afrique du Sud vers un régime démocratique et multiracial. Revenu en 1992 à Johannesburg, il devient un des ministres de Nelson Mandela mais meurt en 1995 d'un cancer.
1. Contexte international, national et historique du filmContexte international : Le film sort en 1988, au moment où l’Afrique du Sud est encore sous le régime d’apartheid, mais où la pression internationale croît fortement. Les années 1980 sont marquées par la montée des sanctions économiques, la mobilisation de l’ONU contre l’apartheid, et un mouvement mondial de boycott et d’isolement du régime sud-africain. La Guerre froide influence les positions des grandes puissances sur la question raciale – l’Occident condamne l’apartheid sans toujours rompre ses liens économiques, tandis que l’URSS soutient ouvertement l’ANC et autres mouvements de libération.Contexte national : L’Afrique du Sud traverse durant les années 1980 une phase d’intenses répressions, de luttes politiques et d’insurrections populaires. Le film s’ancre au moment où le pouvoir blanc affronte une montée de la contestation intérieure : manifestations, grèves, actions du Congrès national africain (ANC) et mouvements de jeunesse, auxquels l’État répond par la censure, l’emprisonnement et la torture. La libération de Nelson Mandela n’a pas encore eu lieu, et de nombreux militants sont arrêtés ou assassinés. « A World Apart » s’inspire directement de la vie de Ruth First et de la journaliste Barbara Minnev, figures emblématiques de la résistance blanche anti-apartheid.Contexte historique représenté : Le film relate l’histoire d’une famille blanche engagée au sein de la lutte contre l’apartheid dans les années 1960 et 1970. Il ne s’agit jamais seulement de « raconter le passé », mais bien de porter un regard sur l’Afrique du Sud contemporaine et sur les enjeux de la mémoire politique de l’oppression raciale. Il montre comment la brutalité de l’État façonnait les relations sociales et comment l’engagement pouvait briser les barrières raciales et morales.2. Situation et dilemme présentés aux personnagesLa jeune Molly, fille de militants blancs, voit son univers bouleversé lorsque sa mère est arrêtée pour son rôle dans la lutte anti-apartheid. Le dilemme central du film est le choix entre la sécurité familiale et l’engagement moral contre l’injustice : Molly doit comprendre, puis assumer les conséquences des convictions de ses parents. Le film expose le coût personnel de la révolte dans une société oppressante, la difficulté de « choisir son camp » et de conserver son intégrité morale face à la peur, à la violence et à l’isolement.3. Agents sociaux et rapports (classe, race, genre)Les personnages incarnent plusieurs catégories sociales :• Classe et race: Les Blancs « libéraux » comme la famille de Molly sont minoritaires mais protégés par leur statut social, tandis que les Noirs subissent la violence directe de l’État, la pauvreté et la discrimination.• Genre: Le film met en avant des figures féminines courageuses, opposées à la masculinité autoritaire des policiers et agents de l’État. Molly en tant que jeune fille doit déconstruire les stéréotypes de genre et apprendre l’autonomie.• Rapports sociaux: Les interactions entre Blancs et Noirs, entre générations, et entre hommes et femmes révèlent les hiérarchies du système. On voit comment certains Blancs sont perçus comme des traîtres à leur « race ».• Évolution des personnages: Molly passe de l’incompréhension à la solidarité avec les opprimés, incarnant un processus d’émancipation et de politisation.4. Genre cinématographique et ses codesLe film relève du drame historique et du "film engagé". Il emprunte à la chronique familiale, au récit initiatique et au film politique :• Codes du drame historique : Reconstitution fidèle des décors et costumes de l’époque, focalisation sur un épisode précis, référence à des faits réels.• Narration engagée : Usage de l’émotion pour susciter l’identification et la prise de conscience, exaltation du courage individuel contre le système.• Film de dénonciation/film militant : Refus du spectaculaire au profit de l’authenticité, dénonciation explicite des mécanismes de l’oppression.5. Point de vue (POV) qui oriente l’identification du spectateurLe point de vue adopté est principalement celui de Molly, adolescente confrontée à la radicalité des choix de sa mère. Ce POV « innocent » permet au spectateur de découvrir progressivement la violence du système, de ressentir la confusion et l’ambivalence liée à l’engagement politique. En invitant le public à s’identifier à cette jeune fille, le film rend accessibles les enjeux moraux complexes et permet un dialogue intime avec les dilemmes de l’époque. Il donne aussi accès au regard des opprimés à travers leurs relations avec Molly et sa famille.6. Rôle du réalisateur, des acteurs et de l’équipe dans le message idéologiqueChris Menges, connu pour ses documentaires et son engagement politique, choisit une mise en scène sobre et réaliste, loin des clichés hollywoodiens habituels sur l’Afrique du Sud. Les acteurs principaux, Jodhi May (Molly) et Barbara Hershey (la mère), livrent des performances nuancées : la vulnérabilité, la force morale, l’ambivalence des sentiments sont mises en avant. Le réalisateur utilise la lumière naturelle, des décors authentiques et des dialogues dépouillés pour renforcer la crédibilité du récit. La musique et le montage privilégient la tension dramatique plutôt que des effets faciles, soulignant l’oppression quotidienne et la dignité des résistants.7. Grammaire cinématographique et symbolique (images, sons, tropes)La grammaire visuelle :• Cadrages serrés sur les visages des personnages montrent l’intensité des émotions et la solitude dans l’épreuve.• Plans d’ensemble sur les quartiers séparés et les routes entre monde blanc et monde noir matérialisent la coupure sociale.• Lumière naturelle et couleurs ternes véhiculent un sentiment d’oppression, d’absence de légèreté.• Ambiance sonore discrète, marquée par le bruit des voitures de police et le silence menaçant, souligne la surveillance et la peur.• Symboles forts : les murs, les portes, les barrières clôturent l’espace et rappellent sans cesse la ségrégation ; la figure du poing levé ou du regard droit incarne la résistance.En résumé, "A World Apart" n’est pas seulement une chronique familiale ou un témoignage sur l’apartheid : c’est un film qui utilise tous les outils du cinéma pour engager le public à repenser la justice, la responsabilité individuelle et la mémoire collective. Il s’inscrit dans l’histoire politique mondiale, incarne les luttes nationales de l’Afrique du Sud, et propose une lecture historique du passé comme arme pour le présent.Prise de note durant le visionnageJuin 1963, Afrique du Sud.Molly apprend que son père va devoir partir quelques temps.La scénariste : Shawn Slovo l'histoire est basée sur son enfance en Afrique du Sud sous l'apartheidLe film parle de ses parents : Née en 1950, elle est la fille d'un avocat, dirigeant du Parti communiste sud-africain, Joe Slovo, et de Ruth First, fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party ou SACP).Molly = Shawn Slovo.
Loi des 90 jours ratifiée.Molly assiste à un accident entre une voiture et un cycliste noir.La mère de Molly est engagée dans la lutte antiraciste – antiapartheid.La domestique de la famille de Molly est noire
Molly part en soirée, surement pour rejoindre le groupe de lutte. Mais les flics sont là et font une perquisition. La mère de Molly cache des documents importants dans son bureauElle apprend par le journal que les bureaux de l’ANC où elle bosse ont eu 6 arrestations la nuit dernière.Deux sud-africains viennent à la maison parler à la mère de Molly
Couple mixteFête entre noirs et blancsLa police arriveTous vident leurs verres d’alcool car c’est interdit pour les noirsIls ont un mandat d’arrêt contre le père de Molly mais il n’est pas là.
Molly refuse de chanter l’hymne de l’Afrique du Sud. Alors que tous le chantent autour d’elle.(Scène symboliquement forte)Des filles se moquent d’elle car son père serait un traitre, un communiste.
Diana, la mère de Molly apprend qu’ils ont été dénoncésDans la nuit, Diana part. Molly part avec. Elles participent à un acte de boycott des bus.Ils se font arrêter par la police
Discussion « boy » - « man ». Molly défend l’idée de dire « man » pas garçon à un noir parce que noir. On disait des noirs qu’ils étaient des garçons et non des hommesMolly entre dans la cuisine de la soirée, les cuisinières noires félicitent ses parents pour leur combat et leur courage.Gus et Diana Roth, sont critiqués par des hommes blancs durant la soirée. Ils sont critiqué car ils seraient des communistes.
Molly entre de l’école.La maison est perquisitionnée. Les policiers prennent tout.Diana Roth est arrêtée.Molly pleure le départ de sa mère
Molly trouve des journaux qui parlent de la lutte de ses parents et brûlent tout.
En prison, elle est confrontée aux policiers. Ils ont des photos d’elle aux locaux de l’ANC.
Molly est interdite de voir son amie Yvonne. Les parents d’Yvonne sont probablement opposés aux idées de ses parents.Massacre de Sharpeville
Molly part dans un bidonville noir. Elle arrive dans un groupe de lutte pour l’indépendance. Une lutte décoloniale.Il est question de la lutte armée pour l’indépendance. « En avant, soldats de Mandela ».Les flics arrivent. Le prêtre prend la place du chef de la lutte pour qu’ils n’y voient que du feu.Les polices surarmés arrivent. « C’est la maison de Dieu, pas pour les terroristes ».Ils arrêtent les blancs suspectés de collaboration avec l’ANC. Dont la petite Molly.Le meneur de la lutte est amené en prison. Il est rempli de balafres sur le visage.Il subit de la torture. Diana se fait sortir de prison. En fait, c’était pour que des gens la voit dans une voiture de Sécurité pour qu’on croit qu’elle a balancé des noms.Ses enfants sont là. Diana n’est en fait pas là.
Les policiers ont arrêté la mère de Diana.
Diana a enfin droit à voir ses enfants. Et sa mère.
Les 90 jours sont passés, Diana Roth est libérée.Alors qu’elle vient de sortir, elle est arrêtée directement après avoir mis le pied dehors.
Sous la torture, psychologique, elle donne des noms.Toutes les personnes qu’elles balancent ne sont plus sur le territoire.Elle fait un grève de la faim en prisonElle se gave de médicaments. Ce qui lui permet de sortir de prison, mais de rester surveillée 24h sur 24h mais chez elle.
La domestique de la famille, Elsie, apprend que Solomon (le meneur de lutte) est mort
Molly découvre la lettre de suicide qui était destiné à Gus. C’est la lettre que Diana a écrite dans le seul livre autorisé dans sa prison : la Bible pour son mari. Mais les médicaments ne l’ont pas tué.
Au moins, Diana a pu être présente pour l’anniversaire de sa toute petite fille Myriam.Cependant. Les flics sont de retour. Ils fouillent la maison. Avant qu’ils découvrent le message écrit dans la bible, Molly agresse le policier pour éviter qu’il voie. Ca fonctionne.
Molly en veut à sa mère d’avoir tenté de se suicider.« Tes amis, ton travail, c’est tout ce qui t’intéresse », « what about me ». Diana raconte donc tout à sa fille sur la réalité de l’apartheid.« Tu mérites d’avoir une mère » « tu en as une, mais pas comme tu voudrais ».
Enterrement de Solomon. Dans la vraie vie : Salomon Kalushi Malhangu (10 juillet 1956 - 6 avril 1979) était un militant politique sud-africain membre de l'ANC. Il a été pendu le 6 avril 1979 après avoir été condamné pour meurtre par la justice sud-africaine.Avec le drapeau de l’ANC sur le cercueil.
(Excellente scène finale).Tous le poing en l’air.Mais, les flics arrivent en mode guerre éclair. Ils sont surarmés, et tirent sur la foule.