J’avais déjà beaucoup aimé le travail de Mizoguchi au travers de Sansho The bailiff et Ugetsu mais j’avais du mal à vraiment comprendre le cinéaste de génie que tout le monde prétendait voir, mais avec The Life of Oharu, j’ai enfin compris pourquoi il était élevé à un tel rang parmi les plus grand.
Dans les années 50, The Life of Oharu s’inscrit déjà dans une période très particulière pour le cinéma japonais, qui tends à se distinguer des atrocités qui lui sont historiquement liées. A la même époque, sort également Rashomon et le cinéma d’Ozu, comme une sorte de renaissance du cinéma (culturellement) exotique, d’exploration, des années 20-30. Pour le monde occidental, et également japonais, The Life of Oharu est une œuvre qui met en image la culture nippone : danses, habits, traditions, dialecte, organisation politique, castes et j’en passe.
Là où le génie de Mizoguchi surgit, ce n’est pas forcément dans sa mise en scène ou sa maîtrise du récit tragique, mais bien plus dans la représentation de la condition féminine traditionnelle : le premier cinéma féministe.
The Life of Oharu ce n’est pas simplement la vie d’une femme un peu malchanceuse. Elle représente la gente féminine. Chaque femme peut se retrouver à sa place, et c’est surtout là que la mise en scène et la construction du film est importante : tout ce qui arrive à Oharu n’est pas personnel et n’est pas la causalité de sa propre existence. Tout ce qui lui arrive, lui arrive pour une seule raison. C’est une femme.
Là où Mizoguchi critique la société japonaise et son fonctionnement traditionnel, c’est la manière dont chaque femme, rencontre inévitablement le vice masculin, qui fera inévitablement des femmes le bouc-émissaire de leur dédale. Le système est tyrannique : on sélectionne les femmes comme un produit à la boulangerie, elle se vendent, se rachètent et ne constituent qu’un objet de désir et de tentation.
De plus, la manière de Mizoguchi de jouer avec le satirique si subtilement est important à souligner : le parent a droit total sur son enfant, aucune volonté ne lui est accordée, cependant lorsqu’elle même devient mère, elle n’a plus aucun droit sur son enfant, on lui fait même part qu’elle a le « privilège » de pouvoir le voir de loin, et que cela devrait lui suffire.
Il est alors évident que tout n’a jamais été une question d’organisation ni de hiérarchie. Ce ne sont pas seulement les classes sociales et le vice capitaliste qui forgent ces contradictions, mais bien une société si fondamentalement misogyne qu’elle s’efforce tant bien que mal de faire croire, et de croire soi-même, en l’illusion que le monde est juste pour tous.
Note : il y a aussi un parallèle très intéressant dans la réalisation de The Life of Oharu qui ressemble à Léviathan de Zviagintsev que j’ai vu récemment et dont je voulais parler. Là où Mizoguchi a été bien plus fort que son compère dans la mise en scène d’un récit d’enchaînement d’événements tragiques, c’est dans son naturel et dans la réalité retransmise par sa caméra. Dans léviathan, ces malheurs semblent faux ou en tout cas très peu généralisables et en tant que non-russes, il est difficile d’entrer en réelle connexion avec le propos. Pourtant, Mizoguchi a extrêmement bien réussi à le faire, et ce malgré la différence culturelle. comme quoi….
J’avais déjà beaucoup aimé le travail de Mizoguchi au travers de Sansho The bailiff et Ugetsu mais j’avais du mal à vraiment comprendre le cinéaste de génie que tout le monde prétendait voir, mais avec The Life of Oharu, j’ai enfin compris pourquoi il était élevé à un tel rang parmi les plus grand.
Dans les années 50, The Life of Oharu s’inscrit déjà dans une période très particulière pour le cinéma japonais, qui tends à se distinguer des atrocités qui lui sont historiquement liées. A la même époque, sort également Rashomon et le cinéma d’Ozu, comme une sorte de renaissance du cinéma (culturellement) exotique, d’exploration, des années 20-30. Pour le monde occidental, et également japonais, The Life of Oharu est une œuvre qui met en image la culture nippone : danses, habits, traditions, dialecte, organisation politique, castes et j’en passe.
Là où le génie de Mizoguchi surgit, ce n’est pas forcément dans sa mise en scène ou sa maîtrise du récit tragique, mais bien plus dans la représentation de la condition féminine traditionnelle : le premier cinéma féministe.
The Life of Oharu ce n’est pas simplement la vie d’une femme un peu malchanceuse. Elle représente la gente féminine. Chaque femme peut se retrouver à sa place, et c’est surtout là que la mise en scène et la construction du film est importante : tout ce qui arrive à Oharu n’est pas personnel et n’est pas la causalité de sa propre existence. Tout ce qui lui arrive, lui arrive pour une seule raison. C’est une femme.
Là où Mizoguchi critique la société japonaise et son fonctionnement traditionnel, c’est la manière dont chaque femme, rencontre inévitablement le vice masculin, qui fera inévitablement des femmes le bouc-émissaire de leur dédale. Le système est tyrannique : on sélectionne les femmes comme un produit à la boulangerie, elle se vendent, se rachètent et ne constituent qu’un objet de désir et de tentation.
De plus, la manière de Mizoguchi de jouer avec le satirique si subtilement est important à souligner : le parent a droit total sur son enfant, aucune volonté ne lui est accordée, cependant lorsqu’elle même devient mère, elle n’a plus aucun droit sur son enfant, on lui fait même part qu’elle a le « privilège » de pouvoir le voir de loin, et que cela devrait lui suffire.
Il est alors évident que tout n’a jamais été une question d’organisation ni de hiérarchie. Ce ne sont pas seulement les classes sociales et le vice capitaliste qui forgent ces contradictions, mais bien une société si fondamentalement misogyne qu’elle s’efforce tant bien que mal de faire croire, et de croire soi-même, en l’illusion que le monde est juste pour tous.
Note : il y a aussi un parallèle très intéressant dans la réalisation de The Life of Oharu qui ressemble à Léviathan de Zviagintsev que j’ai vu récemment et dont je voulais parler. Là où Mizoguchi a été bien plus fort que son compère dans la mise en scène d’un récit d’enchaînement d’événements tragiques, c’est dans son naturel et dans la réalité retransmise par sa caméra. Dans léviathan, ces malheurs semblent faux ou en tout cas très peu généralisables et en tant que non-russes, il est difficile d’entrer en réelle connexion avec le propos. Pourtant, Mizoguchi a extrêmement bien réussi à le faire, et ce malgré la différence culturelle. comme quoi….