La sobriété de la caméra d’Ozu nous introduit, sobrement, à l’ivresse du Japon industriel. Un pays matériellement en croissance, mais psychologiquement détruit par la défaite de la guerre. L’ivresse du Japon est celle des Japonais. Ô saké, tu es une industrie ; fais consumer tous les mauvais souvenirs, saké.
Pourtant, l’industrie, le saké et les mémoires de la guerre perdue constituent le quotidien ; ils semblent naïfs, inoffensifs à première vue. Ils sont au niveau du sol, là où se pose la caméra d’Ozu. Ceux qui se situent au-dessus ou au-dessous de ce quotidien sont les êtres, tantôt prisonniers, tantôt supérieurs à la banalité des jours. Ils sont l’expression du saké qui ne rit pas, de l’industrie qui ne boit pas et de la guerre qui ne parle plus, mais se fait toujours entendre.
Voici le danger du quotidien : il se mêle à notre vie comme la caméra d’Ozu s'immisce dans les vapeurs de l'alcool. Un jour, le quotidien explose, et notre vie avec ; l’alcool met la caméra à nu. Quittons le confort du sol, cette participation minimale : faisons face à un père en larmes, saoul de corps et d’esprit, face à sa fille qui le quitte pour un mariage qu'il a lui-même arrangé. Son quotidien explose, et nous avec lui.
Un film exposé, sobre par expérience, imprégné de tragédie quotidienne, plongé dans le saké pour fuir l’industrie. Un saké désormais vidé de tout effet ; seule reste l’impression de fuir son propre esprit, hanté par sa propre vie.
Le cinéma d’Ozu est un saké vide. À chaque gorgée, il est plus proche de dévoiler sa fragilité, ses larmes. Ces larmes nées des mémoires de guerre, des enfants qui partent. Tout s’en va, ne restent que les couloirs vides. La structure intacte d’une existence écoulée.
La sobriété de la caméra d’Ozu nous introduit, sobrement, à l’ivresse du Japon industriel. Un pays matériellement en croissance, mais psychologiquement détruit par la défaite de la guerre. L’ivresse du Japon est celle des Japonais. Ô saké, tu es une industrie ; fais consumer tous les mauvais souvenirs, saké.
Pourtant, l’industrie, le saké et les mémoires de la guerre perdue constituent le quotidien ; ils semblent naïfs, inoffensifs à première vue. Ils sont au niveau du sol, là où se pose la caméra d’Ozu. Ceux qui se situent au-dessus ou au-dessous de ce quotidien sont les êtres, tantôt prisonniers, tantôt supérieurs à la banalité des jours. Ils sont l’expression du saké qui ne rit pas, de l’industrie qui ne boit pas et de la guerre qui ne parle plus, mais se fait toujours entendre.
Voici le danger du quotidien : il se mêle à notre vie comme la caméra d’Ozu s'immisce dans les vapeurs de l'alcool. Un jour, le quotidien explose, et notre vie avec ; l’alcool met la caméra à nu. Quittons le confort du sol, cette participation minimale : faisons face à un père en larmes, saoul de corps et d’esprit, face à sa fille qui le quitte pour un mariage qu'il a lui-même arrangé. Son quotidien explose, et nous avec lui.
Un film exposé, sobre par expérience, imprégné de tragédie quotidienne, plongé dans le saké pour fuir l’industrie. Un saké désormais vidé de tout effet ; seule reste l’impression de fuir son propre esprit, hanté par sa propre vie.
Le cinéma d’Ozu est un saké vide. À chaque gorgée, il est plus proche de dévoiler sa fragilité, ses larmes. Ces larmes nées des mémoires de guerre, des enfants qui partent. Tout s’en va, ne restent que les couloirs vides. La structure intacte d’une existence écoulée.